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samedi 23 février 2013

23.2.13

Et encore un pas important avec la commission de sécurité du Conseil des Etats. Par 9 voix contre 4, la Commission a apporté son soutien à l'acquisition des 22 avions de combats Gripen. Après les envolées lyriques de ces derniers mois, il est rassurant de lire que les sénateurs sont convaincus que les "risques liés à l'acquisition peuvent être écartés".

Mais ne nous berçons pas d'illusion, car dans les faits une grosse bagarre politique se profile pour le printemps 2014, car cet objet (à travers la création d'un fonds de financement) sera certainement soumis au peuple et la probabilité d’un refus est grande.

En fait, la vraie question est celle de l'engagement / du courage politique du Conseil fédéral et du Parlement en faveur d'une politique de sécurité crédible. Car si d’une main nos édiles disent OUI et donnent ainsi l’impression d’un soutien indéfectible à notre principal instrument de sécurité, dans la réalité ils transfèrent habilement la décision au peuple et n’auront qu'à assumer un avis favorable, mais pas une décision. La différence n'est pas qu'un détail !

Non, l’antimilitarisme n’est pas mort. Il est même tellement fort que nos Autorités semblent donc préférer une manœuvre populiste consistant à soumettre cet objet au Peuple plutôt qu’à assumer leurs responsabilités. Ce faisant, elle foulent consciencieusement au pied la décision populaire de 1987 exprimée lors du rejet de l’initiative populaire fédérale demandant le droit de référendum en matière de dépenses militaires.

Il est piquant de constater que la Confédération va libérer 11,35 milliards de francs pour l'aide au développement entre 2013 et 2016 (pour qui, pour quoi, avec quelle retombée pour le citoyen suisse?) et que cela ne soulève aucune objection, mais que 3.126 milliards pour notre aviation militaire, sur 10 ans et sur le budget ordinaire de l’armée, ce serait trop ????

Notre beau Pays souffre d’une incohérence criante en matière de politique de sécurité. Il serait temps de s’attaquer vraiment à ce problème avant qu’une crise nous rappelle douloureusement nos obligations, même si ce n’est pas populaire, même si c’est difficile. N'avons-nous pas le droit d'attendre de nos Autorités qu'elles gouvernent en fonction de nos lois au lieu de simplement filer la patate chaude au voisin !