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mercredi 28 août 2013

28.8.13
Après l'introduction par M. Albert Leimgruber qui préside la section fribourgeoise de l'ASIN, c'est Marc Studer, président du Lobby des citoyens, qui introduit le conférencier. Et d'entrée une question qui fait mal: "Comment en sommes nous arrivés là? Nous ne sommes qu'une poignée". Il est vrai que la participation du soir n'a pas été à la hauteur, ni des enjeux, ni du conférencier, ni de la qualité des échanges. En tous cas, ceux qui étaient présents ont su apprécier l'exposé de M. Langendorf en trois volets et, comme toujours, d'une grande clarté.
 
Déformation de l'image de la milice

Pour M. Langendorf, l'offensive contre la milice a commencé tôt avec des articles dans des grands journaux tel que le Monde par MM. Lang et Hug, ce dernier ancien consultant de la commission Bergier "connue pour son admirable objectivité"... Selon MM. Lang et Hug, l'arme à la maison et la culture qui va avec seraient une invention récente. Balivernes, car dès le haut moyen âge, l'arme était sacralisée, on lui donnait un nom, on la déposait sur l'hôtel pour lui conférer une fonction divine... M. Langendorf fait un constat amère : la disparition de l'histoire de la Confédération et ainsi la possibilité pour certains de la réécrire à leur guise. Mais quel crédit accorder aux allégations d'un Hug quand on sait les manipulations de la vérité qu'il a commises contre Kurt Furgler et qui l'ont amené à devoir présenter des excuses publiques. Et M. Langendorf de dénoncer, exemples à l'appui, que ces personnages sont parvenus à mettre des inepties dans les têtes de bien des Confédérés. Alors bien sûr qu'il y a eu des hauts et des bas, mais notre armée de milice n'est certainement pas la vulgaire invention de la fin du XIXème sans valeur historique que ces messieurs veulent nous faire avaler pour pouvoir plus facilement la liquider.

Armée professionnelle ou de volontaire?

Mi admiratif, mi agacé, Jean-Jacques Langendorf décortique ensuite le subtile montage du GSsA. Jusqu'ici ce dernier a eu une approche frontale en donnant un choix "avec  ou sans armée". Cette fois il innove en disant, "nous ne sommes pas contre l'armée, car cette fois on vous donne le choix entre obligatoire ou facultatif".  Il est vrai que bien des électeurs pourraient se dire "en fin de compte on aura encore une armée". Mais cette "belle" idée est une illusion. Et M. Langendorf de citer les exemples de l'Allemagne qui ne parvient pas à recruter ses effectifs et de la Belgique dont l'armée, pourtant rachitique, coûte plus de 4 milliards. Et de relever aussi le paradoxe de ces socialistes de toute l'Europe qui voyaient dans notre armée de milice la seule solution pour que les peuples gardent le contrôle. Et où se trouve cette tradition socialiste qui a si longtemps réfléchi au monde ? L'ont-ils oubliée?

La nature de la menace

La première menace pour M. Langendorf, c'est nous-mêmes. Car après nos 30 ans de haute conjoncture (les "30 glorieuses") qui ont poussé les suisses à un hédonisme et un consumérisme effréné, on a perdu le Nord. D'abord on a eu dans les années 70 les yeux de Chimène pour les expériences cubaine et chinoise (seule la menace du communisme nous a empêché de faire trop de bêtises) mais dès 1990, le refus de voir la réalité a pris le dessus. Depuis cette période, toutes les tentatives de rendre cohérente la défense européenne ont en effet tourné court et c'est même tout le rêve européen qui prend l'eau à cause de cette crise économique qui ne laisse pas grand chose debout. Et on observe aussi l'effondrement sur tout le pourtour de la Méditerranée. Et la paisible Suisse des années soixante connaît désormais l'insécurité jusque sur les crêtes du Jura. Il est vrai que nos policiers ne peuvent pas être partout, eux qui sont moitié moins que ceux de la seule ville de New York. Et regardons aussi la paisible Suède et ses émeutes, Berne et les manifestation violentes ... pour la liberté de faire la fête...
 
Trois angles de vue supplémentaires très utiles pour décoder cette votation. En bref, c'est "ouvrez les yeux avant qu'il ne soit trop tard" !