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vendredi 9 août 2013

9.8.13
Ce matin, c'était au tour du comité interpartis de lancer sa campagne.
 

Sur le podium ce matin (de droite à gauche): CN Jean-François Rime (Président de l'Union Suisse des Arts et Métiers, USAM et entrepreneur), Mike Schmid (sportif d'élite multi-médaillé), CN Roberta Pantani, CN Jakob Büchler (Président de l'Association Suisse en Sécurité, ASeS), CN Corina Eichenberger, Brigadier Denis Froidevaux (Président de la Société Suisse des Officiers, SSO), CN Lorenz Hess.

Résumé des interventions

CN Jakob Büchler

Le président de l'ASeS ouvre la séance et présente le comité interpartis en insistant sur les quelques 400'000 membres rassemblés désormais sous la bannière du NON au GSsA. Le Président insiste tout particulièrement sur la ligne d'argumentation des initiants. Même si certains tentent de convaincre qu'il ne cherchent pas à abolir l'armée, il doit être clair à l'esprit de chacun qu'il s'agit d'une simple tactique du salami qui doit aboutir à la liquidation de l'armée (comme le montre l'affiche de campagne du NON). Le CN Büchler met en garde contre l'aveuglement qui pourrait découler de la "simple" modification de l'article 59 de la Constitution. Car les conséquences sont tout autres que ce que l'on peut croire en première lecture. Il rappelle ensuite que la Suisse, au contraire de ce que prétendent sans arrêt les initiants, n'a pas une armée de masse et qu'au maximum 4000 hommes et femmes servent en même temps dans les cours de répétitions. Il rend l'auditoire attentif au fait que les autres pays n'ont pas liquidé leur conscription, mais l'ont simplement suspendue. Le CN Büchler met enfin en garde contre l'avalanche incontrôlable de conséquences (encore inconnues) qu'aurait l'initiative du GSsA pour le service civil et pour la protection civile notamment. C'est bien une attaque insupportable du modèle de succès de la Suisse.

 

CN Corina Eichenberger

 
Pour Mme Eichenberger, supprimer l'obligation de servir ferait vivre à notre armée un dramatique affaiblissement qualitatif. On détruirait ainsi la solidarité de tous les citoyens pour les tâches communes. N'oublions pas que la situation en termes de sécurité est tout sauf simple et qu'elle est même incertaine comme jamais depuis la crise des missiles de 1963. Et pour maîtriser ces crises il nous faut les meilleurs têtes. Il nous faut aussi un système qui respecte notre tradition démocratique.  Comment ferions nous avec un autre système pour assurer l'encadrement? Seule la milice nous permet d'avoir une armée "intelligente". Qui voudrait encore s'engager en cas de volontariat? Pas assez, pas au bon moment et pas les bons. L'expérience à l'étranger montre comment cela se passe: mal! Et pour Mme Eichenberger on risque d'avoir une surreprésentation de gens extrémistes ou manquant de compétences, ce que le système actuel permet grandement d'éviter, d'autant qu'il y a avec tous les membres de l'armée un contrôle interne. La Fédération Suisse de Protection Civile voit aussi avec cette initiative un immense problème, car il faudrait tout réinventer. Et que se passerait-il si on liquidait aussi l'obligation de servir dans la protection civile? Le système actuel est flexible, réactif et performant. Il correspond à nos besoins et capacités.

 

CN Jean-François Rime


"L'économie soutient complètement ce qu'à dit Mme Eichenberger". M. Rime ajoute que l'élévation de la technicité nécessite des compétences de pointe que l'on trouve uniquement dans un système de milice comme le nôtre. Il relève que la plupart des autres armées sont confrontées à des problèmes insolubles pour avoir les bons spécialistes, notamment dans la santé. Notre armée est une assurance et le prix à payer pour notre sécurité. Nous ne pouvons pas compter sur les autres. Même dans le cadre international il s'agit de remplir notre partie du mandat mondial. On ne peut pas simplement se défausser sur les autres. Dans la situation actuelle, on ne peut pas baisser les bras, car on ne sait pas comment cela va évoluer. M. Rime insiste sur le fait que les milieux économiques soutiennent clairement notre armée, car la stabilité de la Suisse est importante pour son succès économique. Même contre les cyberrisques on a besoin de la milice. Si on liquide l'armée on ne règle rien, bien au contraire.

 

CN Roberta Pantani


En italien, un délice pour les oreilles, Merci Madame ! Mme Pantani nous rappelle que la mission principale est la défense contre des forces armées régulières et irrégulières. Si actuellement cela semble encore improbable (soyons contents!), personne ne peut vraiment faire de prévisions sérieuses. L'armée est le seul élément en main de la Confédération pour réagir aux imprévus et aux problèmes de grande dimension. La police ne suffit pas et on a donc besoin de ce bras rallongé et puissant qu'est l'armée. M. Pantani nous rappelle ce qui s'est passé comme catastrophes tel que Gondo. Qui aiderait les autorités locales dans un tel cas sans armée? Si on casse l'armée, alors il nous faudra une force professionnelle; et celle-ci sera toujours trop petite pour faire face aux grandes crises. Le service militaire obligatoire permet d'assurer la cohésion nationale (langue, culture, ...) et "c'est une tessinoise qui vous le dit" martèle-t-elle. Pour Mme Pantani, il serait faux d'oublier ou de minimiser ces faits. Dans la situation actuelle cela devient même toujours plus important, car l'égoïsme et l'individualisme font des ravages et l'armée reste une des rares institutions capable de maintenir notre cohésion.

 

M. Mike Schmid


M. Schmid présente le système des sportifs de pointe. Il a lui même fait une ER dans le génie et mentionne tout ce que l'armée lui a apporté comme sportif. C'est assez édifiant. Il insiste sur les grands espoirs que l'armée représente pour de nombreux sportifs avec le système professionnel qui est en place a Macolin. Il précise aussi que les CR pour sportifs d'élite permettent aux sportifs de poursuivre leur préparation et de communiquer à d'autres leur savoir. Mike Schmid termine son intervention avec une question très pertinente : "Que deviendraient toutes les grandes manifestations sportives sans armée?". Répondons à sa place : tout simplement impossibles !


Br Denis Froidevaux


Le président de la SSO insiste tout d'abord sur le modèle suisse et le besoin de "capillarité entre l'armée et la population". C'est chez nous une tradition que d'être engagé au profit de la communauté. Et n'oublions pas l'art. 6 de la Constitution : "Toute personne est responsable d’elle-même et contribue selon ses forces à l’accomplissement des tâches de l’Etat et de la société". Pour le Br Froidevaux, cet article établit l'équilibre entre les obligations et la liberté. Nous n'avons pas que des droits, nous avons aussi des devoirs. Remplir ses obligations est un acte de solidarité au profit de tous. Ce système de milice a fortement profité à notre pays et maintenant le GSsA veut déresponsabiliser les citoyens et au final pousser à plus d'Etat. Ensuite le Br Froidevaux "démonte" la carte que le GSsA utilise en appui de ses arguments pour démontrer qu'en Europe les armées de volontaires dominent; pour ce faire il précise ce que signifie "volontaire" chez nos voisins = professionnel;. Ensuite il nous explique, pays après pays le succès "très, très  relatif" de ces systèmes (en fait tous rencontrent des problèmes insolubles et croissants). Est-ce que les initiants veulent améliorer notre système? Que nenni! Leur but est de démanteler l'armée, de pousser ensuite à la mise en place d'un instrument professionnel que le Peuple suisse va de toute manière refuser. Pour montrer ce que le système de volontariat représente, le Br Froidevaux cite les femmes dans l'armée; elles ont du mérite, mais ne sont que env. 100 par an alors quelles représentent plus du 50% de la population. Dans le meilleur des cas on aurait donc moins de 1000 personnes par an pour alimenter l'armée de 30'000 souhaitées par la gauche? Totalement impossible. Pour conclure, le Br Froidevaux enfonce une fois de plus le clou: "Non la Suisse n'est pas a l'abri des affres de l'histoire. Nous avons besoin d'une architecture solide. Casser l'armée en lui enlevant son personnel c'est la liquider et c'est mettre en danger notre démocratie et notre neutralité".


CN Lorenz Hess

 
Le CN Hess s'en prend pour terminer au titre trompeur de l'initiative. Même si on n'y lit pas "abolition de l'armée" c'est son contenu effectif. M. Hess rappelle qui soutient ce texte et avec quels arguments. Ensuite il demande "Pourquoi le GSsA doit faire la tactique du salami?". Car le peuple a toujours dit clairement NON à ses initiatives d'abolition. Ensuite M. Hess apporte quelques précisions sur l'accomplissement des obligations. Bien sûr ce n'est pas parfait, mais les chiffres montrent, au contraire des arguments avancés par les initiants, que près de 80% des jeunes en âge de servir remplissent leurs obligations. Le système fonctionne. M. Hess résume ensuite l'ensemble des arguments présentés par les autres orateurs. Il insiste pour terminer sur le fait que le succès de notre pays dépend de sa stabilité et sa sécurité. Avec notre système, une prise de contrôle par l'armée comme on le voit ailleurs serait de plus impossible. Le service civile et la protection civile seraient de facto liquidés si on commençait par l'armée. Avec ce que propose le GSsA la Suisse serait tout simplement incapable d'assurer sa sécurité.

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S'il y a une chose qui a frappé les esprits ce matin, c'est la calme détermination du comité interpartis du NON à l'initiative du GSsA. Surtout, c'est son unité. Aucune fausse note comme lors de la conférence de presse du GSsA le 30 juillet. De toute manière, même s'il y avait des différences, ce ne serait  certainement plus le moment d'en parler. L'heure est à l'unité contre le GSsA et ses soutiens.

Vient ensuite le moment des questions et il n'en sortira qu'une: quel est le prix de la milice pour l'économie?
 
Réponse de M. Rime: Même si ça coûte c'est nécessaire. Et en comparaison avec ce qui se faisait il y a 20 ans (sur 100 employés, environ 20% partaient quant le régiment d'infanterie de montagne 7 fribourgeois entrait en service), aujourd'hui le poids est considérablement plus faible. Dans tous les cas, la balance de notre système confédéral penche très largement plus en direction des avantages que des inconvénients.
 
Voilà !  Vous savez tout sur la conférence de ce matin. C'était bien.
 
Gérald Vernez
Président CRDC