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samedi 18 janvier 2014

18.1.14
Pour ceux qui pensent (encore) que la guerre n'est plus un risque en Europe et que nous pouvons définitivement et pour l'éternité baisser la garde, nous vous livrons ci-dessous un article du Daily Mail paru en français le 7 janvier  2014 sur "Le portail des sous-marins" au sujet d'une inquiétante manœuvre d'intimidation et de "show of force" de la marine russe contre le Royaume Uni.

 
Cet épisode intervient après plusieurs incidents similaires en 2013 avec l’aviation russe basée à Kaliningrad, de l’autre côté de la Baltique. Le plus significatif de ces incidents fut celui du mois  de mars, lorsque les russes réalisèrent un simulacre d'attaque contre la Suède avec pas moins de deux bombardiers à capacité nucléaire Tu-22 M3 Backfire escortés par quatre chasseurs Su-27 Flanker.
 
Pour ceux qui penseraient encore qu'on peut se passer à tout jamais du Gripen et de forces aériennes digne de ce nom, ... à bon entendeur salut !
 
CRDC/VEG

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Le Destroyer HMS Defender
La nuit dernière, des sources du ministère britannique de la défense ont révélé qu’un navire de la Royal Navy - avec la totalité de son armement - avait été envoyé en urgence, quelques jours avant Noël, pour réagir à la présence au large de la Grande-Bretagne d’un navire lance-missiles russe.

Dans un test volontaire des capacités réduites de la Royal Navy en mer du Nord, le bâtiment russe s’est approché à 30 nautiques de la côte.

Il a été détecté alors qu’il approchait de l’Ecosse, mais le seul bâtiment que la Royal Navy a pû envoyer — après les réductions de format du ministère de la défense — se trouvait à Portsmouth. Il lui a fallu 24 heures pour être en position.

L’approche menaçante vers les eaux territoriales britanniques a déclenché une opération commune à la Navy et l’armée de l’air, coordonnée par l’état-major permanent de Northwood.

Un avion de reconnaissance de la RAF a pisté l’avancée du navire russe, pendant qu’il approchait de la côte nord-est de l’Ecosse. La tension est montée lorsque les photographies aériennes ont montré que le navire avait la totalité de son armement de missiles de croisière.

L’état-major a décidé d’envoyer le nouveau destroyer Type 45 HMS Defender, qui assurait l’alerte en cas de crise nationale de sécurité.

Le navire russe a attendu dans le Moray Forth, une baie qui donne sur le Loch Ness, que le Defender, comme si son commandant testait le temps de réaction de la Royal Navy.

A cette époque, le Defender était au port de Portsmouth. Il a dû parcourir 600 nautiques pour rejoindre le lieu de la crise, parce que, suite aux réductions budgétaires, il n’y a plus de navires de patrouille maritime au large de l’Ecosse.

Une source du ministère de la défense a expliqué : « Ce n’était pas un exercice : le navire russe se comportait de façon très agressive dans une baie à la limite des eaux territoriales. ». « Ils étaient surveillés de très près par la RAF et il a été décidé que le HMS Defender bloquerait le passage des Russes. ». « Le Defender avait son armement au complet, avec des missiles anti-aériens Sea Viper et des canons pouvant lancer des projectiles de 40 kg à 18 nautiques. Son commandant et l’équipage savaient que l’affaire était sérieuse et ils étaient prêts à engager le combat. ».

Un face à face tendu a suivi lorsque le Defender a atteint le Moray Firth. Le ministère de la défense a refusé d’expliquer les protocoles internationaux à suivre dans une situation aussi délicate. Il semble que les équipages aient communiqué par radio pour établir les intentions des uns et des autres.

Aucun tir n’a eu lieu, mais les 190 membres d’équipage du Defender sont restés aux postes de combat pendant toute la confrontation.

Les Britanniques ont ensuite regardé le navire russe se retirer. Ils l’ont suivi vers le nord et la mer de la Baltique, où une force russe effectuait des manœuvres légitimes. Le Defender a ensuite rejoint l’Ecosse, accostant à Glasgow vendredi.

Un expert, Jonathan Eyal, a expliqué que la Russie avait bel et bien l’intention d’intimider la Grande-Bretagne. Il a précisé : « La flotte russe se renforce et étend sa sphère d’influence. Elle veut montrer sa présence en mer du Nord et naviguer aussi près que possible de la frontière maritime. Les Russes savaient exactement ce qu’ils faisaient. Ils nous disaient : "Nous sommes de retour en mer du Nord et nous sommes puissants." Ils savent jusqu’où ils peuvent aller avant de revoir se retirer. »

« Il se peut aussi que les Russes étaient en train d’inspecter nos installations nucléaires en Ecosse, avec un oeil sur le référendum d’indépendance. Il est certain que les Russes considèreraient le pays comme plus vulnérable si l’Ecosse ne faisait plus parti de la Grande-Bretagne. »

« Il faut considérer le comportement de ce navire russe dans un cadre plus général, et cette action est plus menaçante, considérée dans ce contexte. L’an dernier, des avions russes se sont approchés de l’espace aérien suédois. Ils ne se sont retirés que lorsque les Suédois ont fait décoller leurs avions d’alerte. »

Après la confrontation entre le Defender et le navire russe, qui aurait commencé le 20 décembre, l’agence de presse militaire russe Interfax-AVN a publié un communiqué prétendant que le navire s’était abrité dans le Moray Firth à cause des mauvaises conditions météo.

En décembre 2011, le porte-avions Admiral Kuznetsov, la frégate anti-sous-marine Admiral Chabanenko et un navire d’escorte Yaroslav Mudry s’étaient approchés près de l’Ecosse avant d’être surveillé par la Royal Navy.

Le ministère de la défense a refusé de faire un commentaire pour des raisons opérationnelles.