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dimanche 6 avril 2014

6.4.14
Nous avons déjà plusieurs fois réagi aux allégations douteuses et/ou mensongères parues dans la presse au sujet de l'acquisition du Gripen. Depuis dimanche passé c'est le tour d'une des radios appelées à équiper le Gripen et qui serait sous le contrôle de la NSA américaine. Mais cette fois cela va trop loin et le directeur de l'équipe Gripen Suisse, excédé (à juste titre) par la tournure prise dans les médias a publié la mise au point ci-dessous. L'adage attribué à Voltaire "Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose" est donc plus présent que jamais dans cette campagne et ses conséquences doivent être combattues systématiquement.
 
Ceci étant, c'est quoi le prochain reproche au Gripen ? La pression dans les pneus, le code RAL pour la couleur du siège du pilote ? Parlons du fonds: la nécessité pour notre armée de disposer d'une aviation capable d'assurer notre défense aérienne (et pas que la police du ciel). Les nombreuses tentatives des référendaires d'instiller le doute sur  des détails afin de ne surtout pas parler des fondamentaux de notre politique de sécurité est détestable. Tout cela nous écarte de la vraie discussion: quelle sécurité voulons-nous ?
 
Il est aussi hautement agaçant de voir des gens incompétents qui n'ont qu'un but (la liquidation pure et simple de l'armée) venir donner des leçons sur des sujets auxquels ils ne comprennent rien. Cessons de bêler en boucle dès que l'abréviation NSA apparaît dans un article. Tout le monde sait que les cyberrisques sont un élément important de l'équation de toute acquisition de matériel moderne. Le projet Gripen lui-même en est déjà victime et non pas cette fois de la part des méchants américains, mais très certainement de la part de ses concurrents ... européens ! Prétendre que nous ne serions que le servile jouet des USA et de la NSA est très, très simpliste.
 
CRDC / VEG

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Mesdames, Messieurs,

Suite à mon e-mail de vendredi dernier, je me vois dans l'obligation de m'adresser à vous de nouveau aujourd’hui. En effet, certains articles parus dans la presse dimanche et lundi sont susceptibles d’avoir provoqué des incertitudes, malentendus et spéculations autour des systèmes de communication du Gripen E.
 
Le fait de spéculer que la NSA pourrait accéder au logiciel du Gripen E est un pur mensonge. Saab contrôle pleinement les mécanismes internes de l’avion de combat, ainsi que de ses systèmes de communication et de son logiciel.
 
Lors du choix des équipements du Gripen E, nos experts tiennent compte de facteurs très divers parmi lesquels figurent les exigences opérationnelles, la sécurité, le potentiel de développement futur, la qualité et le coût. Nous prenons nos décisions sur la base d’analyses approfondies, de manière à assurer à tout moment la haute qualité de l’appareil et à garantir que le Gripen E reste l’avion de combat le plus moderne, offrant le meilleur rapport coût-bénéfice. Bien entendu, nous étudions aussi la possibilité de collaborer avec des fournisseurs suisses.
 
Les systèmes de communication sont en général choisis par le client. C’est ainsi que, dans le cas présent, les administrations responsables de l’acquisition de matérielde défense en Suède (FMV) et en Suisse (armasuisse) ont retenu le système de la société américaine Rockwell Collins. L’idée était de recourir aux mêmes technologies et systèmes que ceux utilisés par le F/A-18 et le système de radar suisse FLORAKO. Cette doctrine appliquée jusqu’à présent sera donc maintenue pour le Gripen E.
La sociétéallemande Rohde & Schwarz ne possède pas toutes les certifications pour ces systèmes. Le recours à une technologie n’existant pas encore ou n’ayant pas encore été approuvée aurait représenté un risque inutile en ce qui concerne l’interaction du Gripen E avec le F/A-18 existant qui utilise le système Link16.
 
Le fait que le Gripen E dispose d’une deuxième liaison de données (Link TAU), indépendante du Link 16 interopérationnel, constitue l’un de ses avantages déterminants par rapport à tous les autres types d’avions. Cette deuxième liaison est exclusivement dédiée à l’échange de données à l’intérieur des formations de Gripen. Le Link TAU est protégé par une clé de cryptage nationale.
 
Rohde & Schwarz travaillant depuis de longues années avec Saab, il était naturel de l’associer aux discussions relatives au Gripen E. Toutefois, les informations parues dans la presse à son sujet sont fausses: il s’agit d’une entreprise allemande dont le siège se trouve à Munich (avec une filiale en Suisse) et qui – surtout – n’est pas (encore) en mesure de satisfaire aux exigences techniques.
 
La Suisse et la Suède ont convenu d’acheter et d’exploiter le Gripen E dans une version matérielle et logicielle commune. Il n’a jamais été exclu d’utiliser des composants non européens au sein du Gripen E. Certains ont même été explicitement mentionnés dans le message relatif à l’acquisition de l’avion de combat Gripen (programme d’armement 2012), par exemple le réacteur F-414G de la société américaine General Electric et le système de transmission de données Link 16 utilisé par le F/A-18 et FLORAKO.
 
Richard Smith
Directeur de l'équipe Gripen Suisse