Vos dons sont les bienvenus !
CH20 0076 7000 T031 3088 3
vendredi 18 avril 2014

18.4.14
Comme un mauvais mantra, on voit ici ou là fleurir cette appréciation insultante et surtout dangereusement démobilisatrice, que l'armée suisse ne serait pas en mesure de remplir sa mission, que de toute manière elle serait rapidement écrasée et que tout investissement, en particulier celui du Gripen E serait vain. Faux et archi faux !
 
Revenons sur la mission de l'armée suisse et ses trois volets :

La promotion de la paix.

Le bilan général depuis 1953 en Corée montre, qu'à de multiples endroits sur terre, nos militaires remplissent leur mission avec une constance, une haute qualité technique et une morale reconnue par tous. Cela comprend aussi nos forces aériennes qui accomplissent de multiples missions de transport et de sauvetage.

L'appui aux autorités civiles

Cette mission comprend l'aide pour les manifestations diverses (p.ex. sportives), la sécurité au profit de grands événements politiques (WEF, G8, etc.), l'aide en cas de catastrophe ou encore la sécurité intérieure (p.ex. avec la garde des ambassades). La Gauche aime bien rappeler les événements de Genève de 1932 pour dénigrer toute l'institution, mais ce drame a plus de 80 ans et dans l'intervalle, nos cadres et soldats n'ont jamais failli à leur mission. Ils ont au contraire contribué à sauver des vies et notre patrimoine et permis à notre Pays de tenir son rang de maison d'accueil pour régler les problèmes du monde. Là encore, les forces aériennes n'ont jamais démérité. Mais, lors de la mission simultanée aux Grisons et à Montreux en janvier dernier, preuve a été faite que le nombre d'avions et de pilotes qui restera après la liquidation (nécessaire) de nos vieux Tiger F5 est définitivement insuffisant, en temps de paix déjà.
 

La défense

Il est évident qu'il serait difficile d'affronter une armée supérieure techniquement et en hommes, pour autant que ceux-ci soient prêts à mourir loin de chez eux. Si attaquer la Suisse était si facile, pourquoi alors les troupes de l'Axe en 39-45 ne sont-elles pas passées à l'action? Parce que nos Autorités ont su, par une conjonction habile de diplomatie, d'économie et de défense militaire (y.c. à cette époque le très dissuasif Réduit) convaincre l'ennemi que cela n'était pas rentable pour lui. Et s'il avait malgré tout attaqué, aurions-nous perdu? Les experts ne seront jamais d'accord, mais la seule chose importante est qu'il n'y a pas eu de combat et que la Suisse a ainsi échappé à la destruction. Que veut-on de plus? Ensuite, durant la Guerre froide, la Suisse a aussi tenu son rang et contribué à ce qu'aucun trou n'apparaisse dans le dispositif européen. Si la Pacte de Varsovie était passé à l'attaque aurions-nous perdu ? Cette question est à nouveau inutile, car gagner la guerre c'est avant tout d'éviter de la faire ou de gagner autrement. Relisons Sun Tzu: « Le meilleur savoir-faire n’est pas de gagner cent victoires dans cent batailles, mais plutôt de vaincre l’ennemi sans combattre ».

 
En matière de défense la Suisse a jusqu'ici bien fait son travail, grâce notamment au fait qu'elle n'a jamais baissé les bras depuis 1939 et s'est toujours dotée d'une boîte à outils complète lui permettant d'apporter la bonne réponse au bon moment et donc de tenir solidairement son rang en Europe. Espérons que nous aurons la sagesse de faire en sorte que cela dure.

Le Gripen E ne va pas gagner une guerre à lui seul, mais il est un des atouts majeurs de notre dissuasion armée. Sans lui, nous ne disposerons plus dans le ciel des instruments pour affirmer durablement et de manière crédible notre souveraineté. C'est dans le fait de baisser les bras et de jouer sur la corde du défaitisme que réside la défaite.
 
Qui veut la paix prépare la guerre / Si vis pacem para bellum. Pas agréable à entendre pour une population qui a grandi au biberon du confort et de la paix éternelle entre les peuples, mais pourtant une constante de l'histoire à ne surtout pas oublier.
 
Bien sûr que la sécurité est chère, .... Vous voulez essayer le prix de l'insécurité ? Surtout à l'heure du réveil de la guerre en Europe, car ne nous y trompons pas, la crise en Ukraine est très très loin d'être terminée.
 
CRDC / VEG