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dimanche 18 mai 2014

18.5.14

Communiqué

18 mai 2014
 

Le 18 mai 2014, le peuple suisse a rejeté la loi sur le fonds Gripen. Le Comité romand pour une défense nationale crédible (CRDC) regrette profondément ce résultat. Il déplore en particulier les mécanismes délétères qui en sont l’origine et l’absence de prise en considération réaliste des menaces. La décision prise contrevient aux dispositions constitutionnelles et aux obligations de la Suisse en matière de politique de sécurité et de défense. Le CRDC, de concert avec ses partenaires, poursuivra donc avec détermination son effort d’explication à la population Suisse pour que ce domaine soit désormais traité avec responsabilité. Il enjoint le Conseil fédéral et le Parlement de proposer dans les meilleurs délais une solution permettant de corriger l’importante lacune de sécurité née aujourd’hui.

 
Le peuple n’a pas soutenu le Conseil fédéral et le Parlement sur l’acquisition des 22 Gripen E prévus pour remplacer les Tiger devenus obsolètes. Sur la base des derniers sondages, ce résultat était prévisible, notamment en Suisse romande. Le CRDC remercie toutes les personnes qui se sont engagées sans compter pour le OUI. Il prend bien sûr acte de la décision populaire, mais se déclare mécontent et soucieux pour la démocratie d’un résultat obtenu sur la base de mensonges et d’approximations éhontés des référendaires. La sécurité et la défense de notre Pays méritent infiniment mieux que cela, surtout si l’on considère la situation internationale instable qui prévaut et qui démontre l’inanité des arguments des milieux antimilitaristes.
 
 
Notre économie, élément clé de notre capacité de défense, va également payer un lourd tribut. Après les réductions successives de l’armée et de son budget dans le passé et la nouvelle réforme en cours, cette décision va renforcer la désindustrialisation de la Suisse dans le domaine des hautes technologies de défense. Cela entraînera en Suisse de graves pertes de compétences et une réduction substantielle d’emplois à haute valeur ajoutée.
 
 
Alors que la Suisse devrait au contraire disposer d’une « boîte à outils » complète lui permettant de répondre aux situations de crise, la décision de ce 18 mai entraîne, à court terme déjà, une importante lacune. Les opposants ont en partie basé leur argumentation sur le manque de scénarii valables. Mais qui en 1932 aurait imaginé la nature et l’ampleur du drame qui s’est déroulé entre 1939 et 1945 ? Qui aurait imaginé que la guerre dans le Pacifique, à la même période, se terminerait par deux explosions atomiques ? Qui a anticipé la chute du Mur de Berlin, les révolutions arabes, la Syrie, la Crimée et maintenant l’Ukraine? Qui aurait imaginé que la guerre serait à nouveau aux portes d’une Europe en pleine déroute économique? Elaborer des scénarii précis est à l’évidence impossible et les exiger n’est que pure malhonnêteté intellectuelle.
 
 
Dans la palette des moyens dont la Suisse doit disposer pour assurer le mandat fixé dans la Constitution, une aviation de combat efficace et capable de durer est une nécessité, tout comme des moyens terrestres, des forces spéciales et une cyberdéfense crédibles, quelle que soit notre modèle d’armée ou de stratégie de défense. Le CRDC enjoint donc le Conseil fédéral et le Parlement de prendre toute mesure utile pour corriger aussi rapidement que possible l’importante lacune née de la décision populaire de ce jour et de doter la Suisse d’une aviation militaire forte de 50 à 60 appareils et de prévoir un financement solide pour leur acquisition. De même, il attend de l’Armée qu’elle assure dès que possible un service permanent de police aérienne.

 
Emmanuel Kilchenmann, vice-président du CRDC
François M. Monney, co-président du Comité vaudois « Oui au Gripen »