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mercredi 6 juillet 2016

6.7.16


Quand il s’agit de l’engagement de l’armée en soutien des autorités civiles dans la sécurité intérieure, les opposants de nos institutions ressortent avec constance les événements de Genève de  1932. C’était il y a 84 ans! Depuis, il y a eu quelques progrès…! Rappelons aussi que la troupe qui fit feu sur les manifestants avait été tellement harcelée au préalable par les activistes, que c’est finalement dans une situation de légitime défense[1], leur vie étant alors directement menacée, qu’ils firent usage de leurs armes.



Avec la LRens, le même mécanisme pervers est en marche : les adversaires d’un appareil moderne de renseignement s’arcboutent sur une affaire des fiches vieille de plus de 25 ans en passant totalement sous silence le contexte de l’époque et les progrès importants réalisés depuis dans la conduite et le contrôle des services de renseignement. Et nos « bien-pensants de 2016 » devraient aussi se remémorer dans quel contexte de peur se trouvait l’Europe face à l’URSS durant la guerre froide. La plupart des partis socialistes et communistes d’Europe de l’époque étaient considérés – et de loin pas toujours à tort – comme des relais actifs de cet ennemi mortel dont les premières divisions blindées campaient à quelques centaines de kilomètres seulement de notre frontière. Alors cessons une fois pour toutes ces comparaisons dépassées.

Si les ennemis de la Suisse font usage des technologies les plus avancées pour communiquer à l’abri des regards, il est plus que légitime qu’elle se dote des moyens de les traquer dans tous les recoins. Si d’autres disposent des capacités pour attaquer à distance nos infrastructures via le cyberespace, il serait irresponsable de ne pas se donner les moyens de s’y opposer. C’est ce que fait la LRens. De là à l’accuser de mettre en place une atteinte massive aux libertés individuelles il y a un pas que seuls franchissent ceux qui ne veulent pas lire, les ignares, ou ceux qui ne se sont pas encore aperçus qu’ils se sont eux-mêmes mis à nu sur Internet avec leur propre comportement.

En comparaison internationale, notre Pays dispose de services de renseignements modestes, tant sur le plan technique qu’humain. Prétendre que ces services pourraient menacer la sphère privée de chaque citoyen relève de l’ignorance, du « dogme anti-tout » ou carrément de la bêtise. Cela démontre par ailleurs une profonde méconnaissance des instruments de décision et de contrôle que prévoit cette loi. Ainsi, pour les mesures de recherche soumises à autorisation, c’est d’abord l’appareil judiciaire qui statue ; viennent ensuite le chef du DDPS, la Délégation du Conseil fédéral pour la sécurité, voire même l’ensemble du Conseil fédéral pour les cas graves. En admettant qu’il y ait malgré tout eu dysfonctionnement jusqu’ici, les instruments internes du DDPS et les commissions responsables du Parlement, composées d’élus de tous les partis, peuvent encore intervenir.

Quelle cautèle supplémentaire faudrait-il encore ? N’oublions pas qu’il s’agit d’affronter dans ce champ des nations, des criminels et des terroristes qui quotidiennement s’en prennent à nos intérêts et nous menacent ? On ne joue pas à la marelle ! Veut-on vraiment s’opposer à la LRens dans la situation de dégradation géopolitique actuelle et du développement technologique qu’utilisent sans restriction nos ennemis ?
Le Comité du CRDC s’est réuni le 29 juin dernier et son avis est clair : il recommande à ses membres et aux citoyens suisses de repousser vigoureusement le référendum lancé contre la LRens.

Gérald Vernez
Président CRDC