samedi 31 août 2013

Revue de presse du 31.08.2013

Encore quelques éléments dignes d'intérêt
  • On vous invite à lire l'article d'avenir suisse du 28.08.2013 (en allemand) qui met le doigt sur un élément important, le manque de choix qui découle de la votation du 22 septembre. L'auteur constate en effet que les initiants proposent "eine individualistisch-liberale, expertenorientierte Schweiz" (système helvétique basé sur des experts et un individualisme libéral, ou expert est à comprendre en tant que "professionnel"), alors que les opposants à l'initiative du GSsA n'offrent par leur refus qu'un status quo. Et avenir suisse de souhaiter que l'on oppose le premier modèle (décrit souvent par le CRDC comme libertaire et non libéral) et "eine genossenschaftlich-liberale, republikanische Schweiz (une Suisse républicaine confédéré-libérale) et donc un Etat où tous servent l'intérêt commun. On peut trouver en effet de vrais avantages dans ce dernier modèle aussi prôné par M. Maudet à Genève, mais ça c'est pour la prochaine étape de discussion. Pour le CRDC il s'agit de faire les choses dans l'ordre: d'abord on renvoie le GSsA à ses rêves et ensuite on poursuit la modernisation de notre système.
  • Dans la Berner Zeitung, Jo Lang remet une couche. Le sous-titre nous dit "Der Grüne Josef Lang kämpft seit Beginn seiner politischen Karriere gegen die Militarisierung. Er ist überzeugt davon, dass die Abschaffung der Wehrpflicht Wirtschaft und Staat massive Einsparungen bring". Que Jo Lang ne sache faire que ça? Oui bien sûr. Que la fin de l'obligation de servir entraîne des économies massives pour l'économie et l'Etat et très juste aussi. Mais ce que Jo Lang ne dit pas, c'est que les Suisses se retrouveraient ainsi "à poil". Et à la première pluie ce serait le rhume, la bronchite puis la caisse en bois. Si on est prêts à tout perdre à chaque crise, alors c'est sûr que de se promener tout nus est une superbe idée. Plus riches, mais plus morts! Et la bouche en cœur M Lang nous dit "Eine kleine Freiwilligenmiliz ist schwieriger abzuschaffen als eine grosse Wehrpflichtarmee" (une petite armée de volontaire est plus difficile à éliminer qu'une grosse armée basée sur l'obligation de servir). Est-ce que M. Lang prend à ce point les Suisses pour des idiots? Tout semble le démontrer. Ses futurs électeurs bernois apprécieront, eux auxquels Jo Lang va demander un siège de conseiller national puisque les Zougois ont refusé de le réélire. Eh oui, à trop raconter de bêtises il y a parfois sanction politique !
  • Le débat INFRAROUGE du 4 septembre se prépare. Sur le site de la RTS le lecteur trouvera de très nombreuses contributions citoyennes. Et vous savez quoi. On commence à se sentir mieux à leur lecture. Bien sur il y a encore quelques belles envolées antimilitaristes et libertaires et on voit aussi parfois pointer un peu de lutte des classes (oui, oui, ... encore!), mais dans leur grosse majorité, les interventions ont retrouvé la Terre. OUF ! A parcourir absolument.
VEG

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Amérique prédatrice: quelles conséquences pour la Suisse

Un rapport du Sénat de 2007 révèlait que le renseignement américain avait embauché près de 20% de sous-traitants privés de plus suite aux attentats de 2001. (Photo : Siège de la National Security Agency, Maryland.)A la lecture de l'article ci-dessous publié par Zone Militaire qui se base sur le Washington Post, on peut (doit?) légitimement (pour ceux qui n'auraient pas encore saisi la gravité de la situation) commencer à se poser des questions sur les USA mais surtout sur nous-mêmes.

Que les Américains agissent comme ils le font et qu'ils aient une forte tendance à être plus craints, qu'aimés et respectés, cela les regarde. Ne dit-on pas d'ailleurs que les USA n'ont ni amis ni alliés, mais que des intérêts, des vassaux et des ennemis? Et dire que l'on accuse toujours les Chinois d'être les vilains ?!

En fait ce n'est que la propagande américaine qui est meilleure, mais les descendants de Davy Crockett pourraient bien être, et de loin, les premiers de classe en matière de pillage organisé.

Mais au-delà de cette raillerie facile, ce qui est important, c'est d'en tirer les enseignements en Suisse afin de protéger NOS intérêts face à ce rouleau compresseur et à tous les autres qui ne font pas non plus dans la dentelle. Et ce n'est pas notre secteur financier qui va nous contredire. Pourquoi nos services de renseignements sont-ils si faiblement dotés? Pourquoi nos entreprises clé ne sont-elles pas aidées comme il convient ? Pourquoi, pourquoi, .. ? Qu'est-ce que nous faisons de faux dans ce monde complexe, hautement dynamique et instable ?
 
Ah, au fait, soyez gentil: à la fin de vos conversations téléphoniques ou en bas de vos email, faites comme nous, dites gentiment "et un grand bonjour à tout ceux qui nous écoutent / nous lisent ". Le gars au bout qui prend des notes se sentira moins seul ...
 
VEG
 


 
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Révélations sur le budget du renseignement américain


30 août 2013 – 14:33

Chaque année, l’on connaît le budget global des 16 agences de renseignement américaines. Ainsi, pour l’année 2013, son montant s’est élevé à de 52,6 milliards de dollars, auxquels il faut encore ajouter les 23 milliards que le Pentagone consacre pour des activités ayant un rapport avec ses opérations extérieures.

Déjà à l’origine des fuites concernant le programme PRISM, conduit par la National Security Agency pour laquelle il a travaillé, le consultant américain Edward Snowden a également transmis à la presse – en l’occurrence le Washington Post – le document donnant la répartition de ce budget entre les différentes agences de renseignement.

Pour la première fois, donc, l’on peut avoir une idée précise de l’activité de la communauté du renseignement américaine. Ainsi, l’on apprend qu’elle emploie 107.035 personnes, dont 23.400 militaires, le reste étant des civils, dont 21.800 contractuels. Sur ces effectifs, 35.000 travaillent dans le secteur de la cryptographie (ou chiffrement pour les puristes), essentiellement à la NSA.

Cette dernière compte également 600 pirates informatiques, appartenant à une unité dite TAO (Tailored Access Operations, opérations d’accès sur mesure), basée à Fort Meade (Maryland) et dont la mission est de pénétrer les systèmes informatiques 24 heures sur 24. Son existence avait été évoquée en juin dernier par Foreign Policy, selon qui elle aurait réussi à infiltrer les réseaux officiels chinois depuis plus de 15 ans.

Alors que la NSA est dans l’œil du cyclone pour son programme PRISM et d’autres activités d’espionnage récemment dévoilées par la presse, l’on apprend qu’une ligne de crédits de 278 millions de dollars a été ouverte en 2013 afin de pouvoir installer du matériel de surveillance sur les équipements de télécommunication tout en achetant le silence des câblo-opérateurs ou des acteurs d’Internet. Le flux d’informations recueillies est tel que l’agence a prévu un programme pour en trier le bon grain de l’ivraie.

Le budget de la NSA est l’un des mieux doté, avec 10,8 milliards de dollars, soit un montant supérieur de 53% à ce qu’il était il y a près de 10 ans. Bien évidemment, la CIA arrive en tête, avec une enveloppe de 14,7 milliards (+56%), dont 2,8 milliards sont prévus pour financer les opérations clandestines. Viennent ensuite la NRO (National Reconnaissance Office) et la National Geospatial-Intelligence Agency, toutes les deux spécialisées dans le renseignement via satellites, avec respectivement 10,3 et 4,9 milliards de dollars.

Toujours d’après les informations du document partiellement diffusé par le Washington Post (une partie a en effet été “caviardée” pour des raisons de sécurité nationale), l’on apprend que les agences américaines ont 5 priorités. La première de toute est de permettre aux responsables d’anticiper le évènements pouvant être critiques, comme les tensions géopolitiques, économiques et sociales. Près de 65% du budget y sont consacrés. L’anti-terrorisme est la seconde priorité, suivie par la contre-prolifération d’armes illégales, les opérations dans le cyberespace et le contre-espionnage. En réalité, ces missions peuvent être liées.

Cependant, malgré des moyens très importants – moyens qui ont permis de doter les drones Predator de la CIA de “capteurs biométriques capables de confirmer l’identité et la localisation d’agents d’Al-Qaïda”, selon le Washington Post, et cela pour les frappes ciblées – le renseignement américain peine à obtenir des informations dans plusieurs domaines, comme par exemple les programmes nucléaires nord-coréen et pakistanais.

Pourtant, ce n’est pas faute d’essayer étant donné que Pyongyang fait l’objet d’une surveillance permanente afin de détecter toute activité suspecte, via l’imagerie infrarouge, des photographies, des analyses d’échantillon d’air, etc… Au total, il y aurait ainsi 50 “angles morts”, dont la menace d’armes NRBC provenant des ex-pays de l’Union soviétique ou encore les progrès chinois en matière d’aviation de combat. Cela étant, comme le document évoqué par le Washington Post visait à demander des crédits au Congrès, l’on peut supposer que les agences américaines aient noirci le tableau afin de maintenir leurs crédits.

Ces derniers devraient de toute façon baisser en 2014, après avoir totalisé près de 500 milliards de dollars depuis 2001. Cette tendance est déjà amorcée puisqu’en 2012, le budget dédié au renseignement s’était élevé à 55 milliards de dollars. Pour 2014, il est question de le porter à 48,2 milliards. Et ce sera la même chose pour le Pentagone (retrait d’Afghanistan oblige), étant donné qu’il consacrera 9 milliards de dollars en moins pour ses activités de renseignements d’utilité opérationnelle.

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"La campagne du GSsA ne me convainc pas que le camp pacifiste se soucie sérieusement de la sécurité du pays", Le Temps, 31.08.2013

Le Temps se fend ici, sous la plume de François Modoux, d'un très bon article. A lire absolument. Notre cri pour que le débat gagne en qualité a été entendu? Bien sûr que tout n'est pas rose et qu'une fois le GSsA, les antimilitaristes et les libertaires renvoyés dans leurs bacs à sable respectifs il faudra encore s'atteler à moderniser nos instruments de sécurité et de défense. Mais là, François Modoux a mis la barre plutôt haut. On peut ainsi vraiment commencer à parler de manière responsable de notre sécurité. Hourrah !
 
VEG
 
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Servir la communauté

 
Sans obligation de servir, plus de civilistes: est-ce vraiment ce que veulent les pacifistes? L’initiative du GSsA une fois balayée, le temps serait propice pour repenser un service à la communauté pour tous. Plutôt qu’opposer armée et service civil, cherchons les complémentarités et renforçons-les!

Abolir l’obligation de servir? L’initiative du Groupe pour une Suisse sans armée me laisse sceptique. Certes, il y a beaucoup de doutes sur l’armée suisse, qui reste surdimensionnée, opaque, et dont la modernisation est moins avancée que ne le proclame, avec autant d’aplomb que d’opportunisme, le conseiller fédéral Ueli Maurer.

Mais la campagne du GSsA ne me convainc pas que le camp pacifiste se soucie sérieusement de la sécurité du pays. On sent bien que son objectif reste un affaiblissement du dispositif militaire. Pour une contribution substantielle à une politique nationale de sécurité crédible, il faut oublier.

A quelles menaces existentielles le pays doit-il se préparer pour les 20 prochaines années? Quels moyens peut-il affecter à sa sécurité? Veut-il agir en solitaire ou est-il prêt à envisager que sa sécurité serait mieux garantie si la défense nationale s’articulait dans un partenariat international – la Suisse collabore déjà avec l’OTAN sans que sa neutralité n’en soit affectée. Des réponses à ces interrogations dépend le calibrage de l’armée dont le pays a besoin: quelles technologies; combien d’hommes; des professionnels et/ou des miliciens; avec quelles compétences et pour quelles tâches.

Une autre faiblesse de l’initiative du GSsA n’est pas assez discutée: son acceptation saborderait le service civil, dont la création fut pourtant un combat légitime des antimilitaristes dans les années 80, quand il fallait en finir avec la Suisse qui criminalisait ses objecteurs de conscience.

Sans obligation de servir, plus de civilistes! Voilà donc ce que nous prépare le GSsA, puisque les deux services sont intimement liés dans la même obligation. Peu à l’aise sur ce terrain, les initiants tentent une diversion hasardeuse. Parallèlement à l’abrogation du service militaire obligatoire (nouvel alinéa 1 de l’art. 59 de la Cst.), ils proposent d’introduire un service civil volontaire (nouvel alinéa 2 de l’art. 59 Cst.). Qui veut croire que des milliers de jeunes Suisses s’engageront librement pour un service à la communauté si ce sacrifice offert à la patrie n’est plus imposé comme l’alternative au maniement obligatoire des armes?

Pour ma part, je ne me laisse pas bercer par ce conte. Tout comme je peine à être convaincu que l’armée suisse, tout de même 3,9 milliards de francs de dépenses annuelles, a encore besoin de 100 000 hommes, de 100 chars de combat et de 22 nouveaux avions de combat. Cela alors qu’il est possible de plonger le pays dans le chaos en attaquant de loin, sans fouler le sol suisse, ses réseaux informatiques névralgiques. L’auteur Nassim Taleb peut bien faire l’éloge de l’incomparable «anti-fragilité» de la Suisse face aux crises. Les experts fédéraux de la cyberdéfense qui ont forgé la stratégie de protection de la Suisse contre les cyberrisques et ont piloté l’exercice de conduite stratégique 2013 distillent une autre musique. Ils regrettent le mauvais signal que le Conseil fédéral a donné en renonçant à créer un organe central de pilotage et de coordination pour prévenir et réduire les cyberrisques, soit le contraire d’autres pays avancés dont nous voudrions par ailleurs apprendre.

Revenons au service civil pour constater que le gros million de jours de service accomplis par quelque 15 000 civilistes chaque année sont devenus indispensables à des centaines d’employeurs, dans des EMS ou hôpitaux, des fermes, des forêts, des services de l’Etat ou des associations culturelles. Hier décriés comme des traîtres à la patrie, les civilistes sont désormais respectés. On en trouve un dans presque toutes les familles suisses, ils font partie du paysage.

Pas question de mettre en péril cet acquis. Une fois l’initiative du GSsA balayée, le moment serait propice pour repenser l’obligation pour tous d’un service à la collectivité, en listant les besoins présents et futurs – le vieillissement de la population et l’accélération technologique dans Internet imposent de s’adapter. L’aspect militaire serait un volet; les tâches de la protection civile un autre; celles du service civil, un troisième. Victime de son succès, le service civil affronte plutôt des vents contraires. Au motif qu’il concurrence l’armée, il est question de réduire son attractivité. Cette vision étriquée, strictement idéologique, ne conduit nulle part. Seule une approche souple et globale, pariant sur la complémentarité des tâches de sécurité et des services à la communauté, est porteuse d’avenir et gage de cohésion.
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vendredi 30 août 2013

Le service militaire est-il un fardeau pour les entreprises, RSR, 28.08.2013


La1ere [RTS]
 
A (ré)écouter, le "Journal du matin" sur la Radio Suisse Romande.
 
Et ça commence fort avec le premier intervenant,Mark Schelker, professeur assistant à St. Gall qui nous dit que "du point de vue libérale il faut toujours avoir une bonne raison pour forcer quelqu'un à faire quelque chose.... et je pense que les arguments pour ne sont pas aussi forts que ça". Et de dénoncer le  fait que l'armée ne serait pas aussi bon marché que ce que l'on prétend. Sur ses arguments, à part une approche du coût global de la défense en s'appuyant (partiellement) sur le  rapport de la commission de milice, M. Schelker ne nous dira rien. Comme c'est facile de dénigrer...
 
Heureusement que Blaise Matthey, directeur de la Fédération des Entreprises Romandes remet l'église au milieu du village avec une leçon gratuite de libéralisme pour M.Schelker et en replaçant le débat dans une perspective globale de sécurité. Et de tacler les fameuses "impossibilités absolues" en rappelant que l'on doit bien sûr s'organiser,sans bien sûr nier qu'il y a des cas difficiles. Pour M. Matthey il y a toujours une solution quand on veut.
 
S'ensuit avec Françoise Piron (directrice de Pacte, une association visant à promouvoir les femmes dans l'économie) une discussion un peu surréaliste avec le congé maternité: le service militaire des hommes mettrait hommes et femmes sur un pied d'égalité en termes de difficultés professionnelles / chances de carrière dans l'entreprise. On s'égare de la discussion de politique de sécurité. En revanche cette dame, qui dit ne rien y connaître, nous parle de l'EPFL en disant que lors de ses études elle a vu arriver les garçons revenant du service militaire avec quelques semaines à rattraper, ... et que cela est tout à fait possible. Encore une fois quand on veut, ... c'est plus facile !
 
On nous parle de stress de difficultés, oui.....Bien sûr ! Personne n'a dit que ce devait être facile. Effectivement, la Suisse demande à ses citoyens de faire un sacrifice, mais avez-vous vu la montagne de ce que notre Pays nous offre en contrepartie?
 
Pour ceux qui ne veulent pas voir le verre à moitié vide, M. Matthey conclut par "cela fait partie du jeu et ce n'est qu'une question d'organisation".
 
 
 
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Les initiants ont-ils une petite tendance à la trahison de leur Pays ?

Avant hier, Jean-Jacques Langendorf dénonçait à Granges-Paccot les exploits journalistiques de MM. Lang et Hug dans le Monde durant l'été 2012 et hier, un de nos amis a fait une autre découverte sur le site du "Berliner Umschau" où trône un article relatant la votation prochaine du 22 septembre sur l'obligation de servir.
 
Qualifier cet article ou le site qui l'héberge serait pure perte de temps, mais l'article est tout de même intéressant, car à travers la panoplie habituelle des arguments flottant entre anarchisme de bas étage et antimilitarisme primaire, on y découvre une action inconnue dans le camp du NON : aller pleurer dans les pays voisins. Encore un effort et on arrive à la demande d'asile ...!
 
Car il ne faut pas avoir fait "mat sup" pour comprendre que l'auteur est un suisse ou que le contenu a été très fortement soutenu par un suisse et qu'ainsi quelqu'un de chez nous essaye de prendre le reste du monde à témoin pour dénoncer l'effroyable, l'abominable habitude de ces suisses qui apprennent à leurs jeunes à tuer...!
 
Le GSsA aurait-il donc une stratégie internationaliste de dénigrement systématique de sa propre patrie? Juste pour se faire l'armée ? Cela semble être le cas. Certains ont été par le passé accusés de sorcellerie et passés au bûcher pour moins que ça. On retiendra juste l'extraordinaire image qu'ont ces personnes d'un Pays qui leur a tout donné. Pas joli, joli !
 
En temps de guerre, de tels agissements seraient assimilables à de la trahison. Et comme on ne parle pas ici de la taille des vers de terre pour la pêche, mais de la défense de notre Pays, osons qualifier de tels actes comme constitutifs d'actes de trahison et les dénoncer.
 
VEG
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jeudi 29 août 2013

Il faut changer l’image dépassée de l’armée, Le Temps, 24.08.2013

Pour ceux qui n'auraient pas eu l'occasion de lire cet article dans le Temps samedi dernier... Petit truc de lecture pour ceux qui ne comprendraient pas tout le texte:  il faut remplacer "électronique" par "cybernétique".
 
Et quel plaisir que le Président de la Confédération en personne confirmer ce que nous nous évertuons à expliquer à travers nos articles sur ce site ....! Non, notre armée n'a pas ce visage suranné que certains voudraient absolument lui voir, juste parce que cela les arrange. Merci M. Maurer de mettre les points sur les "i" ! Allez, ...du coup on profite de ce réconcilier avec le Temps....!
 
VEG 
 
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samedi 24 août 2013, par Yves Petignat

«Il faut changer l’image dépassée de l’armée»


 

Ueli Maurer veut garder l’armée de milice mais l’adapter à une menace en mutation. La bataille de char ou d’artillerie, «on peut l’oublier», dit-il


Président de la Confédération et chef du Département de la défense, Ueli Maurer veut profiter de la votation sur l’initiative «oui à la suppression de l’obligation de servir» pour nourrir le débat sur la politique de sécurité.

Le Temps: Vous avez déclaré que l’initiative du GSsA était une attaque contre la sécurité de la Suisse. Est-ce que Josef Lang, fondateur du GSsA, ou le professeur Reiner Eichenberger, qui soutient l’initiative, sont de mauvais patriotes? Et en quoi l’initiative met-elle la sécurité de la Suisse en danger?

Ueli Maurer : Non, ce sont des gens très bien. Simplement, ils analysent la situation de manière erronée. La sécurité doit être garantie quantitativement aussi bien que qualitativement. C’est un mandat constitutionnel. Pour le quantitatif, il y a un grand risque, car personne n’a l’expérience d’une armée de volontaires. Certes, d’autres pays ont de telles armées, mais la période d’instruction militaire est obligatoire pour un ou deux ans. Mais ce n’est pas ce que veut l’initiative. Elle propose qu’à l’avenir, les gens s’engagent volontairement, interrompent volontairement leur carrière professionnelle pour un cours. Cela n’existe nulle part .

– Et pour la qualité?

– La qualité de l’armée suisse repose sur le fait que les compétences militaires et civiles se complètent et s’enrichissent. Ainsi, les spécialistes au civil peuvent être formés à des missions spéciales dans les unités. Avec l’initiative, nous perdrions ces compétences.

– Ces volontaires existent ­pourtant déjà dans l’armée. Nous avons 18 000 officiers, 30 000 sous-officiers qui acceptent un engagement au-delà de leurs obligations militaires ordinaires.

– Tous les soldats ont un esprit plutôt positif vis-à-vis de l’armée. Aujourd’hui, il y a un cadre bien précis et une certaine obligation. Pour les officiers et sous-officiers, l’organisation est bien définie, elle est acceptée par la société et l’économie. C’est ce qui donne une certaine marge de manœuvre pour le service supplémentaire. Mais avec une armée de volontaires, on crée des obstacles encore plus grands qu’aujourd’hui. Le niveau d’acceptation ne sera pas le même quand il s’agira de partir deux ou trois semaines en cours de répétition volontaire pendant que les collègues seront au travail.

– S’agissant de la qualité des éventuels volontaires, la Suisse n’est pas comparable à la Grande-Bretagne ou à la France. Nous n’avons donc pas à craindre un afflux de «rambos».

– Qui s’engage volontairement dans une armée? En majorité ceux qui n’ont pas de travail, ceux qui sont passionnés par les armes ou la violence. Nous n’avons pas la garantie d’une large représentation de la société. Aujourd’hui déjà, nous avons beaucoup de mal à recruter les étudiants des hautes écoles. Il nous manquera aussi les gens qui ont une maturité professionnelle ou un diplôme des HES. Il y a un an, j’ai discuté avec un général américain. Celui-ci m’a demandé: «Mais d’où viendront vos soldats volontaires? Vous n’avez pas de ghettos.»

– Mais avons-nous besoin d’une armée de 100 000 hommes face aux nouvelles menaces? La probabilité d’une agression militaire en Europe est très faible.

– En réalité, nous avons une armée effective de 5000 hommes sous les drapeaux. Les autres sont à la maison et nous devons d’abord les rappeler et les équiper avant d’avoir une armée au complet. Nous avons une armée taillée à nos besoins, qui n’est pas continuellement sur le qui-vive. On oublie trop souvent que, depuis longtemps, nous orientons cette armée en fonction des nouvelles menaces. De 800 000 à 100 000 hommes, de 1500 tubes d’artillerie à 78, de 700 à 100 chars de combat. Nous avons partout diminué l’armement classique du temps de la Guerre froide. Nous avons mis en place une école de recrues pour la guerre électronique, nous transformons les troupes du génie, notamment en fonction des risques naturels, etc. Nous nous adaptons peu à peu aux nouvelles menaces, contrairement aux reproches des partisans de l’initiative, qui ne voient pas ce que nous faisons.

– Mais tout de même, 100 000 hommes…

– Même avec la guerre électronique en cas de cyberattaque, nous aurons besoin d’effectifs importants. Nous avons récemment fait un exercice de guerre électronique dans l’administration fédérale. Rien que pour assurer la sécurité du trafic, maintenir l’ordre dans les gares, les cantons nous ont réclamé pas moins de 9 000 hommes. Une cyberattaque électronique, cela signifie l’effondrement du réseau électrique, donc de la signalisation routière, des ascenseurs, des distributeurs de billets de banque, etc. Il faut mettre des hommes partout où le chaos risque de s’installer. Assurer la sécurité du public. Il faut pouvoir maîtriser les conséquences d’une telle panne générale. Et seule l’armée est en mesure de le faire.

– Quelle armée pour quelle menace?

– Si, en Europe ou en Suisse, il devait y avoir une guerre d’artillerie et de chars comme on l’envisageait du temps de la Guerre froide, nous ne serions pas suffisamment préparés et nous manquerions de moyens. Mais après les échecs en Irak et en Afghanistan, précisément malgré ces moyens lourds, nous ne croyons plus à ce type d’agression avec pluie d’obus en Europe. Les dégâts collatéraux seraient trop importants. Par contre, nous ne savons pas exactement quelles armes seraient utilisées et donc de quoi nous aurions besoin pour notre défense. On a quelques indications: des drones, des armes de haute précision, des forces spéciales qui attaquent un site particulier. Mais des attaques avec des munitions de type artillerie, comme dans la Deuxième Guerre mondiale, on peut oublier. Ni nous ni un éventuel adversaire n’utiliseront ces moyens. On ne verra plus cela qu’à la télévision.

– Plus de guerre en Europe, alors?

– Je n’exclus pas complètement qu’un jour, l’Europe puisse être entraînée ou touchée par un conflit armé. Mais avec d’autres armes. Quand je pense aux dégâts que peut faire un petit drone de 16 et quelques grammes qui s’introduit partout avec une arme de très haute précision, je ne crois pas que nous aurons besoin encore de beaucoup de chars ou de l’artillerie. Peut-être comme moyen de protection mais, en tout cas, pas pour une bataille de chars. La question pour nous est donc de savoir de quelles armes nous aurons besoin pour notre défense. Car les prochains conflits ne seront plus des combats de forteresse, d’artillerie ou de chars.

– Cela veut dire que, pour vous, l’artillerie, les chars n’ont plus d’avenir dans l’armée suisse?

– A l’avenir, une armée aura toujours besoin d’atteindre une cible précise à longue distance.
Il faudra donc remplacer l’artillerie, imprécise au-delà de 15 km, par des armes de haute précision, drones, avions, missiles. Notre défense dépend aussi de notre capacité de dissuasion. L’image de la menace a changé et nous, à la Défense, en avons pris acte. Mais malheureusement, beaucoup de gens ne veulent pas admettre que nous avons pris conscience de cette nouvelle réalité. Donc que nous transformons l’armée. Mais on ne peut pas tout détruire car nous ne savons pas encore exactement de quoi nous aurons besoin à l’avenir.

– Après l’initiative du GSsA, c’est cette réflexion-là que vous allez mener?

– Nous allons dans un premier temps poursuivre la réforme de l’armée, consolider les anciennes réformes, et ensuite rédiger le nouveau rapport de politique de sécurité pour 2015. Celui-ci devra répondre à toutes les questions que je viens d’évoquer: la cyberdéfense, les armes sans présence humaine, l’emploi des drones. Sur cette base, il faudra développer le nouvel équipement en fonction des menaces les plus réalistes.

– Vous nous annoncez une armée très différente de celle que défendent aujourd’hui les conservateurs. C’est même en contradiction avec votre ancrage politique et votre image.

– C’est un problème personnel, compte tenu de mon origine politique à droite. Mais cette image conservatrice est aussi celle d’une bonne partie de la population. Nous avons une, voire deux générations qui ont encore une vision dépassée de l’armée. Et il y a une nouvelle génération qui sent bien que cela ne colle pas mais n’a pas de proposition précise. Et c’est pourquoi nous devons profiter du débat sur l’initiative actuelle, autour de l’achat du Gripen, pour en discuter, tenter de modifier cette image. En politique, quand vous soulevez un débat, il faut du temps pour trouver la bonne direction.

– L’initiative du GSsA pose la question de la compatibilité des obligations militaires avec l’économie, en particulier pour les PME, pour lesquelles se séparer d’un spécialiste pendant trois semaines ou un mois est très lourd. Que répondez-vous?

– C’est un grand problème que nous devrons résoudre. Il y a trois réponses à apporter. D’abord, l’armée doit devenir plus flexible. Pour les jeunes cadres, nous devons mettre au point une planification qui permette aux deux parties, l’armée et le sous-officier ou officier, de trouver une solution acceptable, souple et adaptable. Jusqu’ici, nous avons été trop rigides. Deuxièmement, nous devons améliorer la coordination entre les hautes écoles et l’armée. Saint-Gall a adopté un système qui permet de cumuler des points crédits d’étude en tenant compte de la formation militaire pour la conduite d’équipe. Nous allons devoir améliorer les synergies avec les universités. Troisièmement, nous allons également devoir améliorer encore la formation de nos cadres dans le management, la conduite et l’expérience sur le terrain. Mieux mettre en évidence la plus-value que nous offrons ainsi aux entreprises. Il faut aussi rappeler que la durée des obligations militaires s’est considérablement raccourcie ces dernières années. Cela dit, je suis conscient que, dans des entreprises étrangères, un directeur général américain est peut-être moins sensibilisé aux nécessités de la milice. Nous devons donc mieux communiquer.
 
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Je voterai NON pour défendre la véritable idée du socialisme

Presque chaque jour, en discutant avec des connaissances, ou même des amis, j'entends le même refrain : l'Armée d'aujourd'hui ne sert plus à rien en Suisse. Et de citer l'exemple du Costa Rica qui n'a plus d'armée, qui s'en sort soit disant très bien (tout en étant dépendant des USA, mais bon).

Je crois que le CRDC démontre, jour après jour, que cela n'est pas vrai, que notre armée est utile, tout comme la PCi et le service civil. Notre pays, nos cantons, nos entreprises, nos sportifs, notre culture en bénéficient toute l'année. Mais imaginons un instant qu'une personne soit vraiment aveugle et n'arrive pas à s'en rendre compte, quelle pense qu'en 2013, cela n'a plus de sens. Imaginons aussi que cette personne imagine qu'il y ait suffisamment de volontaires pour ces 3 institutions, ce que le CRDC a aussi longuement démontré comme étant inexact et même totalement illusoire.

Que dire à cette personne ?
A côté de tous les autres bons arguments, j'ai surtout envie de lui parler du côté social de l'obligation de servir. Parce que quand on en arrive là, n'importe quel soldat, même le plus dégoûté de son expérience militaire tombe d'accord avec moi.

Je suis ingénieur. J'étais encore étudiant à l'EPFL quand j'ai fait mon école de recrue. Et puis, des cours de répétitions, avant de choisir d'essayer et de devenir officier, une fois diplômé. Je suis fils de politicien Vert, réfractaire à l'armée, qui a néanmoins fait ses jours sous les drapeaux et qui était donc crédible à mes yeux dans ses critiques. Mon éducation s'est faite sur une base socialiste, ou chacun doit se donner pour les autres, et non pas profiter des autres. Je n'étais pas vraiment chaud pour partir à l'armée, mais il fallait le faire, alors j'y suis allé. Dans l'infanterie en plus, car quitte à la faire, autant essayer de la faire correctement. Et là, j'y ai découvert le plus bel environnement social de mon existence.

Dès le début, j'ai rencontré des gens que je n'avais jamais côtoyés. Des agriculteurs, des éboueurs, des juristes ou futurs avocats, des commerciaux, des jardiniers, un garde chasse et des bucherons, etc, etc. Tous ensemble, assis à la même table, à manger la même chose, à recevoir la même solde, habillés pareils. Qui aujourd'hui peut me donner un exemple d'une autre institution qui regroupe de telles couches sociales à un niveau national ? C'est simple, il n'y en a pas d'autre. Et quand j'entends des collègues ingénieurs qui se moquent de paysans, ou des paysans qui fustigent les gens en costard cravate, je me dis qu'ils n'ont pas eu à servir Et j'ai toujours raison.

J'ai aussi rencontré des Suisses allemands, des Tessinois, des gens des Grisons ou du Haut-Valais. J'ai visité des régions partout en Suisse, où je n'aurais jamais mis les pieds. Porrentruy, St-Gall, la Lanzerheide, ou plus simplement Hongrin font partie des belles découvertes liées à des souvenirs impérissables. Lorsqu'un vieux monsieur au fin fond d'un bar en Suisse centrale vient vers moi me raconter ses souvenirs de jeunesse en un français fédéral approximatif simplement parce que je porte l'uniforme, c'est une rencontre insensée, impossible même dans ma réalité de civil de tous les jours.

Vous êtes vous demandé comment un pays aussi petit que la Suisse, avec autant de diversité arrive à tenir sans se taper dessus, alors que partout ailleurs dans le monde des guerres se créent pour des différences plus futiles ? Je suis persuadé que l'obligation de servir y est pour beaucoup. Que se passerait-il si ces échanges n'existaient plus ? Ou s'ils étaient réservés à une caste de la population ? L'Appenzellois qui fait sont service aux Vernets à Genève va peut être découvrir la capitale humanitaire de son pays, et le Genevois en service à St Luzisteig, les magnifiques montagnes d'Heidi. Chacun va se rapprocher de l'autre et se sentira concerné par le sort de tous.

Alors si comme moi, vous voulez sauvegarder le dernier bastion socialiste de Suisse, votez NON le 22 septembre !

Jean Signori
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mercredi 28 août 2013

Exposé de M. Jean-Jacques Langendorf à Granges-Paccot

Après l'introduction par M. Albert Leimgruber qui préside la section fribourgeoise de l'ASIN, c'est Marc Studer, président du Lobby des citoyens, qui introduit le conférencier. Et d'entrée une question qui fait mal: "Comment en sommes nous arrivés là? Nous ne sommes qu'une poignée". Il est vrai que la participation du soir n'a pas été à la hauteur, ni des enjeux, ni du conférencier, ni de la qualité des échanges. En tous cas, ceux qui étaient présents ont su apprécier l'exposé de M. Langendorf en trois volets et, comme toujours, d'une grande clarté.
 
Déformation de l'image de la milice

Pour M. Langendorf, l'offensive contre la milice a commencé tôt avec des articles dans des grands journaux tel que le Monde par MM. Lang et Hug, ce dernier ancien consultant de la commission Bergier "connue pour son admirable objectivité"... Selon MM. Lang et Hug, l'arme à la maison et la culture qui va avec seraient une invention récente. Balivernes, car dès le haut moyen âge, l'arme était sacralisée, on lui donnait un nom, on la déposait sur l'hôtel pour lui conférer une fonction divine... M. Langendorf fait un constat amère : la disparition de l'histoire de la Confédération et ainsi la possibilité pour certains de la réécrire à leur guise. Mais quel crédit accorder aux allégations d'un Hug quand on sait les manipulations de la vérité qu'il a commises contre Kurt Furgler et qui l'ont amené à devoir présenter des excuses publiques. Et M. Langendorf de dénoncer, exemples à l'appui, que ces personnages sont parvenus à mettre des inepties dans les têtes de bien des Confédérés. Alors bien sûr qu'il y a eu des hauts et des bas, mais notre armée de milice n'est certainement pas la vulgaire invention de la fin du XIXème sans valeur historique que ces messieurs veulent nous faire avaler pour pouvoir plus facilement la liquider.

Armée professionnelle ou de volontaire?

Mi admiratif, mi agacé, Jean-Jacques Langendorf décortique ensuite le subtile montage du GSsA. Jusqu'ici ce dernier a eu une approche frontale en donnant un choix "avec  ou sans armée". Cette fois il innove en disant, "nous ne sommes pas contre l'armée, car cette fois on vous donne le choix entre obligatoire ou facultatif".  Il est vrai que bien des électeurs pourraient se dire "en fin de compte on aura encore une armée". Mais cette "belle" idée est une illusion. Et M. Langendorf de citer les exemples de l'Allemagne qui ne parvient pas à recruter ses effectifs et de la Belgique dont l'armée, pourtant rachitique, coûte plus de 4 milliards. Et de relever aussi le paradoxe de ces socialistes de toute l'Europe qui voyaient dans notre armée de milice la seule solution pour que les peuples gardent le contrôle. Et où se trouve cette tradition socialiste qui a si longtemps réfléchi au monde ? L'ont-ils oubliée?

La nature de la menace

La première menace pour M. Langendorf, c'est nous-mêmes. Car après nos 30 ans de haute conjoncture (les "30 glorieuses") qui ont poussé les suisses à un hédonisme et un consumérisme effréné, on a perdu le Nord. D'abord on a eu dans les années 70 les yeux de Chimène pour les expériences cubaine et chinoise (seule la menace du communisme nous a empêché de faire trop de bêtises) mais dès 1990, le refus de voir la réalité a pris le dessus. Depuis cette période, toutes les tentatives de rendre cohérente la défense européenne ont en effet tourné court et c'est même tout le rêve européen qui prend l'eau à cause de cette crise économique qui ne laisse pas grand chose debout. Et on observe aussi l'effondrement sur tout le pourtour de la Méditerranée. Et la paisible Suisse des années soixante connaît désormais l'insécurité jusque sur les crêtes du Jura. Il est vrai que nos policiers ne peuvent pas être partout, eux qui sont moitié moins que ceux de la seule ville de New York. Et regardons aussi la paisible Suède et ses émeutes, Berne et les manifestation violentes ... pour la liberté de faire la fête...
 
Trois angles de vue supplémentaires très utiles pour décoder cette votation. En bref, c'est "ouvrez les yeux avant qu'il ne soit trop tard" !
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mardi 27 août 2013

Ils sont tous devenus fous

Nous ne voulons pas jouer les Cassandre, mais à l'heure où la Suisse réfléchit à une hypothétique abrogation de l'obligation de servir qui conduirait immanquablement à la disparition de son armée, ... il faut se demander si c'est pertinent. Avant de partir promener Médor, on regarde bien vers Genève s'il va pleuvoir et si donc le parapluie s'impose....
 
Car le monde va mal, malgré tous ceux qui sont à son chevet.
  • Syrie et Proche-Orient: à force de franchir des lignes rouges, les responsables politiques des grands pays ont le vertige, mais pas toujours pas de solution. A entendre Laurent Fabius, ministre français des affaires étrangères, il manque même peu pour que la France s'engage à nouveau dans une guerre. Pour le moment ce sont des gesticulations, car après le Mali en janvier dernier elle n'en a plus les moyens; et après la Lybie en 2011, elle a perdu une bonne partie de son crédit international, notamment face à la Russie et à la Chine. Mais qu'à cela ne tienne, on irait bien faire encore un peu la guerre. Car tout le monde le sait, le seul coupable est "le régime de Damas". Ceux qui jettent de l'huile sur le feu avec des tonnes d'armements sont les gentils. On a déjà oublié le marché de Sarajevo? Pour un bombardement en 1995, il a fallu attendre 2003 pour que le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie accouche d'un verdict qui condamnait (c'est plus facile) les perdants de la guerre. En Syrie on a déjà jugé et les politiques (désolé M. Clémenceau) sont de nouveau prêt à sacrifier des soldats.
  • Chine: si la Suisse se permettait 1% des déclarations belliqueuses des USA à l'encontre d'une autre nation, il y a longtemps qu'elle serait au coude à coude avec la Corée du Nord dans les classements des "rogue states". Mais les USA discutent ouvertement, sans aucune gêne, d'options quant à une guerre avec la Chine. Vous avez dit choquant? Il y a beaucoup de voix qui dénoncent cette manière de traiter les autres nations. Pourtant ce langage prend de l'ampleur. "The US Air Sea Battle Strategy: What War With China Would Look Like" titre PolicyMic. "U.S. model for a future war fans tensions with China and inside Pentagon" pour le Washington Post. Quant à Richard Bernstein et Ross H. Munro ils intitulent leur dernier livre "The Coming conflict With China". Non, malheureusement on ne rêve pas. Et jusqu'où cela peut-il aller?
  • Europe: permettez-nous de citer encore une fois l'étude "Quelle France dans 10 ans" réalisée par le commissariat général à la stratégie et à la prospective. Oui l'Europe (s.l.) est un projet qui a largement contribué à pacifier le continent durant près de 70 ans, mais que peut-il se passer désormais dans cette Europe en grave perte de vitesse et surtout de leadership? En avril 2013, elle comptait 5,589 millions jeunes sans emploi. En moyenne ce sont 23.4% des jeunes qui cherchent du travail. En Espagne et en Grèce, on est même au taux catastrophique de 56.4 % et 62.5 %. Et Croatie 55.6%, Portugal 41%, Italie 39%, Slovaquie 36%, Chypre 38% ne sont pas très loin derrière. Que va-t-il advenir de cette génération fichue? Va-t-elle rester sagement à la maison à encaisser des rentes? Mais leurs pays sont aussi proches de la banqueroute. Si les taux d'intérêts quasiment nuls se remettaient à grimper, il se passerait quoi? Car le spectacle des français qui veulent réformer leurs retraites en donnant plus d'argent, mais sans impôts supplémentaire et sans élévation de l'âge de retraite en dit long sur la capacité de ces gouvernements à ne pas régler les problèmes.
Certes ce ne sont que trois exemples. Mais avec une rhétorique qui s'emballe à ce point et dans une incertitude plus grande que jamais, il faut commencer sérieusement à se faire du souci quant au devenir de ce cocktail. Il n'y a jamais de fumée sans feu. Et n'oublions pas la bataille économique qui fait rage contre notre secteur bancaire.

Abolir notre obligation de servir et donc notre armée et nos spécificités? Ce serait  indéniablement de la folie.
 
VEG
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lundi 26 août 2013

Le dossier de l'Hebdo le 22 août : Pffff le bide !

"Disons que je n'ai pas senti une grosse envie de la part de l'officier recruteur lors de mon recrutement, confie un jeune Romand. J'ai dit que j'avais mal au dos et c'était réglé. Je suis à la protection civile aujourd'hui ".

Ca devait être un exemple parlant pour dénoncer le système actuel? C'est bien tourné, accrocheur, populiste, comme tout le dossier (on rêverait de s'offrir un graphisme comme ça au CRDC...) mais pour nous dire quoi? Que cette personne a fait du service à la protection civile, ... dans le cadre d'une autre obligation de servir? (Art. 60 de la Constitution et Art. 11 LPCI) ? Beurk ! Un des ces types de service qu'on dénonce sous toutes les coutures...! Sauf que celui-ci n'est pas militaire et qu'il est plus acceptable ?

Ces articles, désolé de le dire, sont vides. C'est une mise en image de chiffre ressassés et un florilège d'anecdotes insipides comme il en fleurit sur toutes les terrasses de bistrots quand s'y concentrent autour d'une bière quelques personnes frustrées par une journée où ils s'imaginaient en rock star ...! On est ici dans le répertoire du "qui veut noyer son chien dit qu'il a la gale".

On pourrait faire pareil en allant dans n'importe quelle gare suisse et décrire, sur la base du nombre de papiers gras et de poubelles non vidées, l'antichambre de l'horreur ferroviaire. En première analyse, ce serait peut-être à peu près correct, mais en réalité, ce serait prendre le parti de biaiser gravement la réalité en occultant toutes les qualités d'une entreprise parmi les meilleures du monde dans son domaine.

Pour l'armée suisse, c'est pareil. Ce démontage savant est indigne des très bonnes choses qui s'y passent. C'est une mise à mort gratuite, trop représentatif d'un journalisme de caniveau. Pourtant globalement nous sommes gâtés en Suisse avec notre presse. Alors pourquoi justement ça? Pour donner raison aux taux de confiance du métier (voir ci-contre; source iconomix).

Dans un reportage d'une telle longueur, comment est-il possible de ne se focaliser que (ou presque) sur les quelques soucis du service militaire. Bien sûr qu'il y a des tas de choses qui ne marchent pas, mais comme partout ailleurs. QUID DU BILAN GLOBAL? QUID DU RESTE DU DEBAT SUR LA POLITIQUE DE SECURITE? 

L'Hebdo se la joue "Brice de Nice" et casse ! Mais à part la coquille vide du volontariat qui ne marche pas chez les autres, a-t-il une meilleure recette? Permettez que nous en doutions.

Quant au déni de réalité dénoncé par Isabelle Falconnier qui rêve de voir arriver la génération Y aux commandes pour que l'on vote enfin juste, .... quelle vision courte. Affligeant! Car, ceux qui ne votent pas comme elle le souhaite, qui sont-ils? Ces "vieux ringards", c'est la génération mai 68. Souvenez-vous, ceux qui voulaient interdire d'interdire quand ils avaient des cheveux longs. Ils ont changé non? La génération actuelle fera comme les précédentes, elle va grandir, vieillir et comprendre aussi ses responsabilités. Désolé de cassez vos espoirs ! Dans 15 ans vous voterez comme les vieux. Avec sagesse!
On avait été habitués à mieux de la part de l'Hebdo... Dommage qu'Alain Jeannet n'ai pas demandé à ses journaliste d'emboîter son édito. Là on aurait eu de la substance.
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dimanche 25 août 2013

Pour une discussion de haute qualité sur la politique de sécurité et de défense

Il n'est pas exclu qu'un jour nous devions décider d'envoyer nos enfants combattre un ennemi. Dans l'hypothèse qu'un tel jour puisse arriver, nous devons impérativement nous assurer que tout a été fait pour qu'il aient du succès. Et s'ils devaient tomber au champ honneur (car à la guerre on meurt encore), nous devons avoir la certitude que tout a été fait pour que cela n'arrive pas ou que seule une volonté plus grande est parvenue à les battre. Le seul sacrifice tolérable pour un père ou une mère, c'est celui qui arrive alors qu'on avait tout fait et que simplement la partie adverse était plus forte. Toute perte ou défaite dans d'autres circonstances est inadmissible. A la guerre il n'y a pas de deuxième.

En conséquence, au CRDC, nous voulons que les discussions au sujet de la politique de sécurité soient de la plus haute qualité et du plus grand degré de sérieux possible. Les invectives, les raccourcis, les dogmes, les à-peu-près n'ont pas leur place dans ce débat. C'est un domaine trop grave pour le traiter à la légère.

Quand un politicien de haut rang veut donc s'exprimer sur un sujet aussi important que la politique de sécurité et défense, nous avons le droit et le devoir d'exiger de lui qu'il le fasse avec tout le sérieux qui sied. S'il ne le fait pas ou qu'il ne se fait que le porte-parole servile de l'une ou l'autre partie, alors on doit le sanctionner lors de la prochaine élection.

Alors quand Monsieur Neirynck prétend sur son blog des choses inexactes dans le cadre de la discussion du Gripen, il convient de dénoncer cette coupable légèreté. Pour parler de politique de sécurité il n'est pas indispensable d'être bardé de diplôme ou forcément un haut gradé. Il faut surtout avoir une honnêteté intellectuelle à toute épreuve et se documenter. Avec Internet aujourd'hui, ne pas le faire n'est plus admissible. Une information suffisante en qualité et quantité est disponible pour qui veut bien la chercher.
Alors:
  • Non le Gripen n'est pas deux fois plus lent que le Rafale : leur vitesse maximale est de l'ordre de Mach 2 pour le Gripen et 1.8 pour le Rafale.Tout le calcul de M. Neirynck pour prétendre sur cette base que 4 Rafale valent 12 Gripen est donc faux.
  • Et tout cela est encore plus faux si on regarde les radars embarqués par ces deux appareils. Le Rafale embarque depuis 2013 le RBE2-AESA de Thales avec un angle de vision de 140 degrés. Le Gripen est prévu avec un radar AESA de Selex Galileo, avec un cône de plus de 200 degrés qui devrait permettre de faire 40% de mieux que son concurrent.
Conclusion ?

VEG
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La Bundeswehr à la peine - le retour à la conscription envisagé à haut niveau





Der Wehrbeauftragte der Bundesregierung, Hellmut Königshaus (FDP)
Hellmut Königshaus, Frankfurter Allgemeine, 29.01.13

Le 18 août, nous évoquions déjà ici les difficultés de la Bundeswehr en matière de personnel, un thème rapporté par Die Welt qui évoquait en 2011 déjà que ce serait difficile. Nous avons voulu creuser un peu et avons découvert qu'il ne s'agissait pas d'un nouveau problème. Un porte-parole du gouvernement cité par la Frankfurter Allgmeine (image ci-contre) déplorait en janvier déjà la surcharge endurée par les militaires du fait des nombreux postes vacants.
Pour en arriver à ce qu'un responsable de ce niveau vienne devant les médias admettre à demi mots déjà que la réforme était un échec sur le plan du personnel, ...nul besoin d'être devin pour comprendre qu'il s'agit d'un problème de fond que les Allemands ne peuvent plus ni cacher ni minimiser. Seul le ministre de la défense de Maizière et son entourage (pris dans le scandale des drones) tente de garder la tête haute. Mais la cure de minceur dont il est à l'origine s'avère chaque jour plus être un échec. Tagesschau.de commente même "Kleiner, moderner und schlagkräftiger sollte sie werden, erreicht ist bisher nur der Personalabbau" - elle (la Bundeswehr) devait devenir plus petite, plus moderne et plus efficace; la seule chose de réussie c'est le démantèlement du personnel).
Et voici que le Figaro publie a son tour un article explosif sur le sujet puisque cette fois ce sont deux ténors (même un ancien ministre de la défense) issus des rangs proches de Mme Merkel qui évoquent de devoir carrément revenir à la conscription. Rien ne marche et la concurrence avec le privé est largement au détriment de l'armée, tant en terme de perspectives professionnelles que de niveau de rémunération. La Saarbrücker Zeitung nous dit que sur 2000 soldats de haut rang interrogés récemment, 92% se disent insatisfaits. Toujours plus démotivés ils constatent "Es fehlt dem Nachwuchs an Qualität seit dem Aussetzen der Wehrpflicht.“ (depuis l'abrogation de l'obligation de servir, la qualité des jeunes n'est pas à la hauteur).
Voilà qui devrait faire réfléchir les Suisses qui devront voter le 22 septembre. L'expérience allemande dynamite les arguments du GSsA pour sa milice volontaire qui ne pourra atteindre aucun objectif, ni quantitatif, ni qualitatif. Dépêchons-nous de conserver notre obligation de servir.

VEG
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Analyse de l'interview du CE Luc Rcordon à la Radio Suisse Romande le 23.08.2013

Comme promis vendredi, voici l'analyse des arguments du Conseiller aux Etats vaudois Luc Recordon qui s'exprimait vendredi à 07h38 dans l'émission "L'invité de la rédaction".

Les liens ci-après vous permettrons de repasser cet interview en image ou de vous contenter du son. Pour ceux qui s'inquiéteraient que M. Recordon se soit exprimé sans contradicteur, nous les invitons à écouter cette même émission le 2 septembre: Ce sera en effet alors au tour de M. Maurer, Président de la Confédération et chef du DDPS, de défendre le l'obligation de servir. Et puis il y aura aussi Infrarouge à la télévision suisse romande le 4 septembre.
C'est long, désolé, mais il nous est apparu comme indispensable de prendre au sérieux chaque argument. Un tel débat est trop important pour être bâclé par des positions dogmatiques et / ou émotionnelles.
Nous invitons par ailleurs les vaudois qui élisent leurs représentants à suivre les débats au Parlement. Si les Vaudois rejettent l'initiative, et nous osons le croire, M. Recordon poursuivra-t-il une politique partisane à Berne au Conseil des Etats, ou prendra-t-il le chemin des positions majoritaires dans son canton. En tout cas cet article aura le mérite de laisser une trace indélébile sur les arguments utilisés. Utile pour l'avenir.
Questions RSR
Ce que le CE Recordon a dit[1]
Notre avis
C’est ringard, c’est inutile l’obligation de servir aujourd’hui ?
« Il faut préciser que ce n’est pas un texte qui est exclusivement le lieu de débat de la Gauche et des Verts d’un côté et de la droite, il y a tout un comité de droite qui soutient cette proposition ».
C’est vrai, mais la Gauche a aussi de nombreux dissidents qui voteraient NON (voir les détails du sondage GFS / RSR).
« Je ne crois pas que ce soit vraiment un problème de pure ringardise et en tout cas pas de ringardise de l’obligation de servir. Je dirais que le problème est posé par le fait qu’elle est un obstacle (c’est ma position et par forcément celle du GSsA, à titre personnel ce qui m’amène à soutenir ce texte) à la nécessaire modernisation de notre armée. J’entends par là qu’on a une tendance assez prononcée à préparer les guerres d’après. Ce n’est pas une spécificité du tout suisse, car si vous pensez à l’armée française en 1940 elle préparait la guerre de 14-18. Elle n’avait pas compris l’importance par exemple des blindés. Aujourd’hui c’est un peu l’inverse, on surestime la valeur des armes qui ont fait le succès dans la 2ème Guerre mondiale et après. Et avec l’obligation de servir on maintien une armée de masse alors que les types de menace sont complétement différents. »
La position de M. Recordon n’est-elle que pure provocation pour que l’on parle du sujet ? En tout cas la formulation est une tentative (habile) « de noyer le poisson » et surtout un faux procès. Car les Suisses s’adaptent de manière continue depuis 1291. Et c’est le cas actuellement encore. Armée de masse ? En aucun cas. Armée nombreuse ? Oui, mais même pas assez en cas de crise complexe et de longue durée. Simplement protéger Kloten, cela coûte déjà 5'000 hommes. Avec 100'000 hommes on protègerait quoi ? 20 objets comparables ? Et après ? Pendant combien de temps ? Et avec quel matériel, puisque le Parlement saccage les investissements depuis 15 ans (voyez la page 24 du Rapport sur l’armée de 2010 – disponible en ligne…).
En quoi une armée basée sur le volontariat permet de moderniser l’armée ? On peut très bien moderniser l’armée actuelle.
« On pourrait, mais l’armée actuelle avec l’obligation de servir n’a de sens que par rapport à l’obligation d’avoir de très grosses unités de fantassins, des unités de blindés et d’appui aux blindés, donc une armée qui se préparer essentiellement à une grande guerre d’agression terrestre. Or les menaces sont aujourd’hui fondamentalement différentes. Il y a toujours des menaces dans le ciel qui nécessitent la police du ciel mais plus non plus d’ailleurs de grandes batailles aériennes du genre Pierre Clostermann, le Grand cirque, etc. des années 40-45, il y a essentiellement la lutte contre les grandes catastrophes, contre la menace terroriste, contre les cyberattaques, c’est ça les grand enjeux aujourd’hui. Personne ne va nous attaquer par voie terrestre parce qu’il faudrait avoir culbuté toutes les armées de l’OTAN dans l’intervalle et parce que ça coûte extrêmement cher alors que d’autres type d’attaques, y compris les attaques asymétriques sont beaucoup moins coûteuses et beaucoup plus probables. »
A nouveau il suffit de consulter le Rapport de politique de sécurité 2010 et le Rapport sur l’armée. A la page 53 de ce dernier on trouvera le profil de prestation de l’armée. Le lecteur saura alors apprécier à sa juste valeur les arguments ci-contre. Les travaux de planifications actuels (en consultation) vont même encore réduire fortement la partie «combat classique » à seulement 20% des effectifs globaux. Les documents indiqués prouvent que la Gauche et les Verts racontent des salades. C’est eux qui refusent de voir les évidences et de lire les documents mis à leur disposition. Et s’appuyer sur l’OTAN ? Comme si le mot « menace » signifiait pour l’éternité « Russie Rouge ».  C’est infantile ! On encourage les lecteurs à consulter notre revue de presse du 24 août sur « Quelle France dans 10 ans ». Nos voisins ne sont pas des anges.
Les missions de l’armée c’est le politique qui les définit, ça peut se faire dans n’importe quel cadre.
« Oui ça peut se faire dans n’importe quel cadre, mais on a remarqué ces dernières années qu’il était impossible pour le Parlement pour des raisons essentiellement émotionnelles et affectives de changer les missions de l’armée sur la base d’une réflexion comme celle que je viens de faire alors que si on demande au peuple de réfléchir à la question et de se prononcer, bien sûr qu’il faut une armée efficace, mais il faut une armée efficace contre les vraies menaces. Et celles-ci n’impliquent plus la levée en masse d’autant de gens parce qu’il n’y aura plus besoin d’aussi grosse unités de fantassins, il a peut-être besoin de 20'000 personnes, alors là on arrive peut-être à changer le paradigme. Et changer ce paradigme, ça implique en particulier de dire que pour 20'000 personnes vous ne pouvez pas impliquer que toute une classe d’âge soit astreinte à venir sous les drapeaux. Et de là découle, c’est la conséquence du raisonnement pour ces 20'000, mais c’est à la louche (rire), mais c’est un ordre de grandeur qui semble assez raisonnable, pour ces 20'000 là, il faut lever des volontaires et pas une obligation de servir. »
On appréciera qu’un membre aussi éminent des Verts soutienne aussi inconditionnellement la nécessité pour la Suisse de disposer d’une armée, quelque peu en porte-à-faux avec la stratégie de son parti. Mais comme nous le relevions plus haut, chaque camp a ses dissidents !  20'000 hommes ? Et bien voilà un nouveau chiffre ! Mais « c’est à la louche » nous dit son auteur (on est rassuré). Comment allons-arriver à ces 20'000 ? Les allemands ont un système équivalent (à côté d’une armée de métier qu’ils n’arrivent pas à alimenter) et déjà 5'000, la grande Allemagne n’y parvient pas (nous dit le Figaro). Or l’Allemagne est dix fois plus grande que la Suisse. Même en admettant que M. Recordon ait raison, l’objectif ne sera jamais atteint. Armée exsangue, fin du match, car  plus d’armée. Pour les Verts, l’objectif est atteint.
Mais les missions de l’armée ce ne sera pas la question du 22 septembre
« Mais à mes yeux c’est la question centrale. »
On aura la possibilité de s’exprimer là-dessus puisqu’un nouveau rapport de politique de sécurité est en élaboration.
Mais les opposants à l’initiative disent que cela va ouvrir la porte à des volontaires qui seront des Rambo, seuls ceux qui ont vraiment envie d’aller au cbt vont se porter volontaire, n’est-ca pas un risque ?
« Je ne pense pas qu’il y ait 20'000 Rambo en suisse, mais cela dit en effet c’est un risque qui existe et qui existe d’ailleurs aujourd’hui. Aujourd’hui il y a des tas de gens qui n’ont pas envie de faire le service militaire, cela ne correspond pas à leur manière de servir le Pays ou bien ils ont simplement la flemme, il faut bien le dire et c’est clair que ceux qui adorent cela il peut y avoir une proportion importante de Rambo. Je crois qu’on y est attentif dans le recrutement et il faudra y être d’autant plus attentif. Mais encore une fois, il n’y en a pas 20'000 en Suisse. »
Si sur une population annuelle de 38'407 conscrits (chiffres 2012), seuls 616 ont été reconnus à risque. Sur ce total cela fait 1.6%. On peut sans risque pour le résultat final les écarter. Mais si, comme on le suppose sur la base des expériences à l’étranger et avec les femmes, seule cette catégorie s’annonce, alors on approche des 100% de Rambo. Bien sûr qu’il faudra les refuser. Et on flingue l’armée par manque de personnel. CQFD !
Mais ça peut remettre en question la sécurité de la Suisse car on n’a aucune garantie sur le nombre de volontaires qui se présentent. Il faut un certain nombre de soldats pour garantir les missions de base.
Les pays qui fonctionnement sur le volontariat ne semblent pas avoir une peine folle à remplir les effectifs qui sont les leurs et qui sont beaucoup plus considérables, qui sont à l’échelle de la taille de ces pays. Plusieurs des grands pays européens s’y sont essayés ces dernières années. Donc je pense en effet qu’il faudra trouver des incitatifs pour ces gens. Il ne faut pas oublier tout de même que dans toute une série de situations, l’armée représente encore quelque chose de relativement intéressant pour les gens et tout le monde ne rechigne pas à y aller. »
On nage en plein déni de réalité. Parmi les pays qui sont basés sur un système de soldats volontaires (une fois payés on leur donne le nom de professionnels), tous les pays européens ont de la peine, que ce soit en Allemagne (voir ci-dessus), Suède, Autriche (pour son projet pilote), Espagne, Angleterre, France. Que notre système ne soit pas 100% idéal et fonctionnel est une réalité. Mais il reste malgré tout de très loin supérieur aux autres.
Incitatifs ? Donc de l’argent.Ca pourrait coûter plus cher. Votre parti milite plutôt pour une baisse des budgets de l’armée
« Par rapport à ce que ça coût quand même maintenant avec une armée qu’on veut fixée à 100'000 soldats et qui est encore plus haute en effectifs actuellement, descendre à 20'000 ça représente quand même une marge de progression pour les personnes assez grande. Moi je verrais plutôt l’incitatif dans des possibilités de formation que dans des augmentations massives de la solde. Mais de toute façon des coûts supérieurs, qu’on le veuille ou non il y en aura. Avec ou sans suppression de l’obligation de servir, on doit augmenter indiscutablement le nombre de spécialistes de l’armée pour la raison centrale que je citais avant qui est la modification des missions qui deviennent de plus en plus techniques. Et vous pouvez de moins en moins prendre des gens comme cela sans les former. »
On se réjouit de voir M. Recordon voter des rallonges budgétaires. Il sera alors utile aussi de voir quelle différence il y a entre une solde et un salaire. S’agissant des spécialistes, pourquoi en former plus alors qu’ils sont disponibles dans la société et que notre système de milice permet de les employer uniquement lorsque la communauté en a besoin ?
Si le service militaire n’est plus obligatoire il n’y aura plus de taxe d’exemption. Ça rapporte plus de 100 millions de francs. C’est un manque à gagner énorme !
Enorme ? je ne sais pas comment vous voyez les mathématiques. A votre avis ça représente quel pourcentage du budget de la Confédération… ?
Nous allons faire des recherches sur ce plan car nous serions intéressés de connaître les arguments employés par le passé par M. Recordon au sujet de l’augmentation du budget de 4.7 à 5 millions voté par le Parlement. Car la Gauche n’y est pas allé de main morte avec la propagande à quatre sous. Ces 300 millions « allaient mettre à mal, la politique agricole, la formation, …. ». Mais si pour M. Recordon 100 millions CHF ce n’est qu’une paille, alors on se réjouit de voir que la Gauche pourrait lui emboîter le pas et en accepter 300 sans trop de difficulté ! Car ce ne sera alors que 3 à 4.5 pour mille !
Sur plus de 60 milliards, 100 millions c’est quand même important et on est souvent à 100 millions près.
« Oui, oui, d’acord,… c’est 1 pour mille. Et demi. »
Mais il faudra le trouver ailleurs ; vous dites que cela coûtera plus cher et en plus on perd 100 millions ?
« Le budget lui-même de l’armée il est de l’ordre de 4 milliards, 4 à 5 milliards. »
Donc pour vous ce n’est pas un problème ?
« Non ce n’est pas ça la question centrale. Bien sûr que c’est un inconvénient, cela va de soi, mais à l’échelle du problème, ce n’est pas central. »
Il y a un aspect de l’armée qui est plus social dans la cohésion nationale. C’est à peu près la seule institution où on réunit des personnes de tous milieux sociaux, des alémaniques et des romands, … On perdrait ce qui sert un peu à sceller cette identité suisse.
« Ça c’est un peu mythique quand même. Si vous regardez la réalité à l’armée ou dans d’autres cercles, sportifs ou autres, politiques aussi, en général les gens vont boire des verres par affinité personnelle, énormément par affinité linguistique. Le niveau de connaissance de l’autre langue, notamment des sous-officiers et même des officiers, ce n’est pas toujours extraordinaire. C’est vrai qu’on va perdre ce niveau, mais on ne va pas le perdre pour tout le monde. On va le perdre pour ceux qui sont moins de la moitié d’une classe d’âge et désormais ce sera peut-être moins de 10% d’une classe d’âge. Moi je trouve que la perte la plus problématique c’est pas tellement celle-là par ce que je crois que c’est plutôt en encourageant les gens à aller faire des expériences professionnelles de l’autre côté de la barrière linguistique qu’on peut récupérer  les choses en termes de cohésion nationale. Déjà aujourd’hui on devrait s’axer essentiellement là-dessus et ne pas trop s’illusionner sur ce que l’armée apporte en quelques semaines. Je pense plutôt que la perte c’est celle qui consiste à donner un service personnel à son pays et c’est vrai que l’idéal aurait été dans cette situation de remplacer l’obligation de servir militaire par l’obligation de servir généralisée de type civil avec un choix pratiquement libre entre armée et civil et ça on ne le peut pas en vertu de l’interdiction des conventions internationales sur le travail forcé. »
Réduire l’armée à un gigantesque bistrot où on va boire des verres…. Nous apprécions assez modérément le raccourci. Voir dans l’armée qu’une école de langues est aussi plus que réducteur. Envoyer tous nos jeunes de l’autre côté de la Sarine et accueillir les jeunes alémaniques en retour ? Belle idée, quoique problématique (et c’est un euphémisme) dans son application ! Les contacts ne s’établissent que durant quelques semaines ? Pour un soldat c’est un contact avec autrui qui dure (pour ceux qui ne font pas service en bloc) près d’un an réparti sur 10 ans ; pour un officier subalterne c’est près de 2 ans répartis sur 20 ans ; pour un officier supérieur, cela peut aller jusqu’à 5 ans répartis sur parfois 40 ans. Ce sont des liens indéfectibles qui se créent et se gèrent sur la longueur et qui font que partout on retrouve des camarades et des gens qui pensent et agissent la même chose pour le bien de notre Pays et  de son économie ; aussi à l’étranger. Quant à l’argument de  l’obligation généralisée qui ne serait pas possible en vertu des conventions sur le travail forcé, … c’est à vérifier. Mais cela n’empêche pas les Norvégiens et Israélien de le faire.
L’initiative demande que le service civil devienne volontaire aussi donc du coup ouvert aux femmes. Mais ça passe relativement inaperçu. Est-ce une occasion ratée de mener ce débat ?
« A partir du moment où on revoyait l’obligation de servir et où on proposait, en tout cas le GSsA, un service volontaire comme solution de rechange il était logique de se demander si ce service était ouvert pour tout le monde ou pas. Alors la moindre des choses, dès lors qu’il est volontaire, c’était de l’ouvrir aussi aux femmes. »
Intéressant, mais court. La Constitution prévoit que les dames peuvent faire service volontairement dans l’armée (art. 59) et dans la PCi (art. 61). C’est quoi la plus-value de l’initiative ??
Le premier sondage GFS/SSR indique déjà que 57% refusent cette initiative. Et la proportion du NON a toujours tendance à augmenter plus la campagne avance. Est-ce qu’il n’y a pas un risque que la votation se transforme en un plébiscite pour l’armée ?
« Ça ne me gêne pas que ça soit un plébiscite pour la défense, surtout lorsqu’on devra analyser les résultats qui seront probablement en effet en faveur du rejet de cette proposition. Il faudra faire la part du feu lié à l’attachement très émotionnel à l’armée. Pour moi ce qui sera décisif c’est de voir, encore une fois, si on a pu, et c’est pour cela que je m’engage activement dans cette campagne, si on a pu reposer les questions des véritables missions et de  l’évolution nécessaire de la défense. »
Etre « probablement en effet en faveur du rejet de cette proposition »… Avec cette formulation on est proche de l’enrobage du placébo !  Mais on retiendra surtout que M. Recordon souhaite que le débat continue et cela nous enchante, car il serait désastreux de ne pas parler de notre politique de sécurité et de défense. Nous souhaiterions juste que nos opposants lisent les mêmes documents et voient aussi à travers les journaux et à la télé que notre monde va mal et que ce n’est pas en baissant la garde que nous protégerons les Suisses en cas de crise, catastrophe ou pire.



[1] Des différences mineures avec le texte dit sont possibles afin que l’ensemble reste lisible et compact.
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