dimanche 9 novembre 2014

Forces aériennes - Esprits critiques demandés !

Le 23 septembre dernier atterrissait dans ma boîte à lettres l’édition d’octobre 2014 de SKYNEWS, le journal suisse de l'aviation. Comme toute personne infectée par le virus aviaticus, je l’ai feuilleté avec intérêt. Arrivé à la page 52, je me suis arrêté sur un titre très prometteur : « L’avenir [des Forces aériennes suisses] après le non au GRIPEN ». Allait-on enfin connaître les grandes lignes du « plan B » tant attendu ? J’ai donc pris le temps de lire l’article du début à la fin. Les déclarations tenues par le commandant des Forces aériennes suisses (cdt FA) et le chef du département de la Défense (chef DDPS) lors du rapport d'information des Forces aériennes qui s’est déroulé le 2 septembre 2014 à Payerne m’ont tout particulièrement intéressé.

par Roger Harr, lieutenant-colonel EMG, libéré du service


Roger-Harr
Roger Harr
SKYNEWS rapporte le « message très clair » du cdt FA concernant la mise hors service des F-5 TIGER. Il se déclare « catégoriquement opposé à une modernisation de ces appareils, tout comme à une prolongation de leur utilisation en l’état, car cela n’aurait aucun sens, tant du point de vue opérationnel qu’en terme de gestion d’entreprise. […] Au lieu de gaspiller l’argent du contribuable dans le maintien d’un système obsolète, il vaut mieux investir ce précieux argent dans une prolongation raisonnable de la durée de vie des F/A-18 HORNET. »
De fait, le cdt FA attend maintenant que l’on « serre et referme les rangs derrière cette décision ». Effectivement, le message est on ne peut plus clair !

Pour leur part, les déclarations du conseiller fédéral Maurer m’ont laissé quelque peu pensif. Notamment celle demandant qu’« à l’avenir nous avancions soudés ». Je veux bien, mais… Pensait-il ici aux officiers qui, avant la votation sur le GRIPEN, plaidaient pour un autre type d’avion ? Ou pensait-il à la direction de son département qui s’est illustrée par d’embarrassantes pannes de communication ? Voire, fallait-il entendre une certaine forme d’autocritique dans ses paroles ?
Ce que l’on peut retenir à coup sûr des déclarations du chef DDPS, c’est qu’elles n’appellent pas à un renversement de la tendance de se satisfaire d’un nombre toujours plus restreint d’avions de combat. Une tendance par ailleurs à l’œuvre dans les forces aériennes du monde entier.

Jusque-là, tout va bien ! Mais, à peine une heure après avoir lu l’article dans SKYNEWS, la NZZ Online titrait à 11h34 que « Le Tiger volera peut-être quand même plus longtemps ». Avec le sous-titre suivant : « Ueli Maurer semble plier face au lobby du TIGER. Depuis peu, il n'exclut plus de prolonger la durée d'utilisation du vieux jet de combat. Maurer dit toutefois qu'une modernisation constituerait un gaspillage financier. »
En soirée, à 19h30, le journal télévisé suisse-alémanique reprenait le sujet.

Et maintenant ? Qu’en est-il de la « gestion de projet des plus professionnelles » invoquée par le cdt FA ? Pourquoi cette volte-face, si cela « n’a aucun sens en terme de gestion d’entreprise » ? Où est donc passée la demande du chef de département d’« avancer soudés » ?

Le GRIPEN s’est crashé en votation populaire parce que la communication autour du projet a été chaotique et que dans de larges portions de la population l'impression générale était qu’« en haut, ils ne savent pas ce qu’ils se veulent ». Comme citoyen et contribuable favorable à l'armée, comme officier d'état-major général libéré du service, comme ancien président central de l’AVIA - la société des officiers d’aviation, et comme ancien membre de la Commission des Forces aériennes, j’en suis vraiment à me demander si l'on a appris quelque chose de la débâcle ! Continue-t-on à bricoler en l’absence de tout plan et de tout concept ?

Ces quelques lignes découlent du fait qu’un soir j’en étais arrivé à être choqué par mes propres réflexions. Officier un jour, officier toujours ! Certes, mais combien de temps pourrais-je me regarder encore comme officier, si j’en arrive à la conclusion que « là-haut, ils bricolent » ? Avais-je donc perdu ma loyauté ? J'ai des racines prussiennes, lesquelles m’ont aussi fait grandir avec une compréhension toute prussienne de la loyauté. Toutefois, est-ce que cette valeur fondamentale de l’éthique militaire m'interdit de penser de manière critique ? Est-ce que le soldat doit être aveuglément loyal ou peut-il aussi être loyal de manière critique ? A partir de quel stade verse-t-il dans la polémique ?

Il n’y a pas si longtemps de cela, en tant qu’entrepreneur, j'ai entièrement transformé la direction de mon entreprise : je me suis séparé des béni-oui-oui, et je me suis entouré d'esprits critiques. Parce que comme entrepreneur, je méprise les cultures d'entreprise dans lesquelles la pensée critique ne trouve pas place. De telles entreprises n'ont aucune perspective d’avenir.
Dès lors, quelle culture de communication règne-t-il aujourd'hui au sein de notre armée ? Qui conduit effectivement qui ?

On peut lire sur la pierre tombale du général prussien Johann Friedrich von der Marwitz la maxime suivante : « Choisissez la disgrâce quand l'obéissance entraîne le déshonneur. » Penser en toute indépendance est l’un des privilèges de la milice. La Suisse doit beaucoup aux officiers de milice qui ont su penser de manière non conformiste au cours de la Seconde Guerre mondiale.
Dès lors, où sont les esprits critiques aujourd'hui ? Où est la génération Y au sein de l'armée ? Celle censée poser des questions, rechercher du sens dans sa tâche ? Sommes-nous donc tous devenus des moutons, justes bons aujourd’hui à regarder se mettre en place les conditions-cadres propres à favoriser l’échec demain, lorsque sera venu le moment de procéder à l’évaluation d’un nouvel avion de combat ?

Il ne s'agit pas pour moi de dresser les officiers de carrière contre celles et ceux de milice. Tout au long de ma carrière militaire, j'ai connu nombre d'officiers de carrière formidables et très réfléchis, des fortes personnalités. J’en ai par contre aussi côtoyé d’autres qui, en raison de leur plan de carrière, étaient aussi glissants et hydrodynamiques qu'une savonnette. Même des commandants de corps, plus intéressés par leurs futurs mandats au sein de conseils d'administration que par tout autre chose.
Il ne s’agit pas non plus pour moi de plaider ici pour ou contre la prolongation de l’utilisation des TIGER F-5. Quiconque n’est pas tombé sur la tête, sait tout de même ce qu’il y a à faire.

La politique doit créer de la clarté et de la transparence dans le mandat politique confié à l'armée, pour que la population suisse puisse comprendre et s’approprier ledit mandat. Par ailleurs, la politique et le militaire doivent aussi travailler plus étroitement ensemble à de nouveaux scénarios de conflit basés sur les nouvelles donnes géopolitiques mondiales, en dépassant les blocages générés par cette vieille méfiance réciproque et toujours latente, même à l’encontre de la direction militaire.
Si la politique ne peut ou ne veut faire cela, il est alors déshonorant pour un officier de milice de se taire et de continuer à observer comment notre armée s’ingénie à se saper elle-même de l'intérieur.


* Roger Harr : lt col EMG lib S, ancien cdt gr rens FA 4 et of EMG EM br infm 34 ; ancien président central de l’AVIA et membre de la Commission des Forces aériennes ; Dr. méd. dent., dentiste, président du conseil d’administration de la Frenkenklinik ; ESPRIX Award 2000 (distinction du meilleur entrepreneur suisse, toutes branches confondues), European Quality Prize 2000 et European Quality Award 2001.

** Le présent article a été publié initialement en allemand sur le blog de la Société des officiers d’Etat-major général le 3 octobre 2014. Roger Harr nous a aimablement accordé l’autorisation de le publier ici en français. En cas de divergences résultant de la traduction, c'est la formulation en langue allemande qui fera foi.
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mardi 22 juillet 2014

Obama doit faire preuve de retenue face à l’Ukraine

Suggestion CRDC: ne serait-il pas
l'heure d'écouter quelques sages
comme Sitting Bull?
Mémorandum à l’attention du Président Obama publié par les «Veteran Intelligence Professionals for Sanity» (VIPS)*
Source: consortiumnews.com du 28/4/14
(Traduction Horizons et débats)

Un article qui vaut la peine qu'on s'y arrête !

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Objet: la Russie, l’Ukraine et l’intérêt national des Etats-Unis


Nous, les soussignés, sommes d’anciens fonctionnaires des services de renseignement, de l’armée et des autorités judiciaires. Dans l’ensemble, nous comptons près de 200 ans d’années de service pour notre pays. Contrairement à de nombreux experts et conseillers qui fondent leurs arguments sur des notions abstraites des relations internationales, nos analyses proviennent d’une profonde expérience mise en pratique à l’intérieur du gouvernement américain – ceci aussi bien dans notre pays qu’à l’étranger.

Dans ce contexte, nous possédons une compréhension profonde de la grande responsabilité qui incombe à une grande puissance. Nous nous sentons ainsi dans l’obligation de vous faire part de nos points de vue sur l’Ukraine – d’autant plus qu’en ce moment les radios, la télévision et les journaux accordent beaucoup d’espace aux mêmes experts et universitaires qui, il y a à peine plus d’une décennie, ont fait tant de mal en Irak.

Un certain nombre d’entre nous, dans leurs activités gouvernementales, étaient impliqués dans la politique relative à l’ancienne Union soviétique puis avec l’Etat qui lui a succédé, la Fédération de Russie. Nous avons observé la tendance récente de Moscou vers une forme plus autoritaire de gouvernement et avons été également préoccupés par le jeu des grandes puissances rivales concernant l’Ukraine.

Nos souvenirs encore vifs de la guerre froide et du mal qu’elle a infligé à la sécurité du monde nous conduit à affirmer que les troubles en Ukraine ne devraient pas servir de prétexte pour ouvrir la voie au retour d’un monde bipolaire dans lequel deux superpuissances lourdement armées s’affronteraient à tous les niveaux, y compris à l’échelle mondiale.

Nous sommes particulièrement préoccupés par ce qui semble être un sentiment flou mais virulent parmi les membres du Congrès et les médias traditionnels à «faire quelque chose» concernant la Russie – un sentiment qui est à la fois mal fondé et tout à fait à l’opposé de ce que notre nation devrait faire pour entretenir une relation constructive et finalement bénéfique avec Moscou et le reste du monde.

Alors que nous soutenons les efforts des Etats-Unis pour aider au développement d’une démocratie pluraliste en Ukraine, y compris l’assistance au déroulement d’élections libres et équitables, nous croyons que le soutien militaire et l’implication directe des troupes américaines est une étape qui va inévitablement conduire à une escalade du conflit et à une confrontation directe entre deux grandes puissances nucléaires – une situation qui devrait et pourrait être facilement évitée si les intérêts de tous les pays, y compris ceux de la Russie, étaient pris en considération.

Pour parler clairement, l’engagement de la Russie en Ukraine – un pays qui est aux portes de Moscou et qui est, en partie, ethniquement russe – ne menace ni les intérêts vitaux américains; ni ceux des alliés des Etats-Unis. La réponse de Washington devrait être mesurée et prendre en compte les risques réels par rapport aux gains possibles. Les sanctions doivent être utilisées avec beaucoup de retenue, vu leur efficacité douteuse et qu’elles ne conduisent souvent qu’à envenimer des positions contradictoires. Des interventions militaires importantes, qu’elles soient unilatérales ou en conjonction avec l’OTAN, doivent être évitées car elles peuvent être perçues comme des provocations, sans offrir de solution aux désaccords existants.

Nous plaidons pour plus, et pas moins, d’engagement diplomatique, sur la base de notre propre expérience en tant que témoins de nombreuses occasions manquées au cours des dernières années, 50 ans et plus, où les Etats-Unis – à notre grand regret – se sont trouvés trop souvent du mauvais côté de l’histoire. Le fiasco de la baie des Cochons en 1961 consolidant le communisme à Cuba; le soutien américain aveugle à des groupes anti-communistes et des partis politiques en Europe affaiblissant des démocraties naissantes et renforçant simultanément la corruption; les ouvertures de l’ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev en matière de désarmement nucléaire total qui ont été ignorées, encourageant ainsi la prolifération nucléaire dans d’autres Etats.

Lorsque l’Union soviétique s’est finalement effondrée, des accords spécifiques visant à réduire les interventions dans les anciens pays du Pacte de Varsovie ont été rapidement ignorés, avec simultanément l’OTAN et l’Union européenne se dirigeant rapidement vers l’est. Le viol de l’économie russe dans les années 1990, conçu par des «entrepreneurs» occidentaux en collaboration avec des oligarques locaux en fut le résultat. Cela a été décrit comme une «thérapie de choc» à l’époque, mais la plupart des Russes y virent, à juste titre, une entreprise de pillage à grande échelle, alimentant une grande partie de la méfiance actuelle envers l’Occident.

La Russie pouvait difficilement ignorer l’encouragement et la participation de facto de Washington au «changement de régime» en Ukraine – résultant dans le renversement du gouvernement régulièrement élu (bien que totalement corrompu) à Kiev. Par ailleurs, la poursuite des efforts de l’Occident pour attirer l’Ukraine dans l’OTAN garantirait l’hostilité russe pendant de nombreuses années à venir. Ce sont des questions existentielles pour Moscou; permettez-nous de vous rappeler un parallèle américain: l’application de la doctrine Monroe dans notre propre «arrière-cour».

A notre avis, la situation ne doit pas échapper à tout contrôle. La porte est toujours ouverte à l’application des mesures négociées le 17 avril à Genève. La volonté de la Russie de continuer à travailler avec nous sur la destruction des armes chimiques de la Syrie et sur la question nucléaire iranienne reste encourageante et pourrait favoriser la coopération dans d’autres domaines d’intérêts mutuels. Perspective Comme pour la Crimée, avec toute la rhétorique trompeuse remplissant les ondes, nous tenons à vous rappeler que la Crimée est devenue une partie de la Russie à la fin du XVIIIe siècle. Il y a soixante ans, l’ukrainien Nikita Khrouchtchev, qui était alors à la tête du Parti communiste soviétique, a simplement donné la Crimée à l’Ukraine – l’une des 15 «républiques» formant l’ancienne Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS). Il n’y avait pas de référendum à l’époque; cela n’était guère plus qu’une formalité, toutes les républiques de l’ex-URSS dansant sur l’air de Moscou.
 
Le transfert de la Crimée à l’Ukraine commença de façon concrète en 1991, après l’implosion de l’Union soviétique, lorsque les Criméens ne furent plus, de fait, citoyens russes. Le président Vladimir Poutine aborda de façon directe ce problème dans son grand discours du 18 mars, quand il rappela que la Russie avait «accepté avec humilité» cette situation en 1991. Il a expliqué que la Russie «traversait alors des temps difficiles et était incapable de défendre ses intérêts».
Aujourd’hui, la Russie est capable de protéger ses intérêts dans les domaines qu’elle appelle ses «frontières proches». Elle n’acceptera pas l’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN. Les tentatives pour imposer cela ne rendra pas l’Europe plus sûre; mais plutôt augmentera le danger d’une guerre.
 
Il y a une décision importante que vous pouvez prendre, Monsieur le Président. Nous vous recommandons de demander à l’OTAN d’annuler formellement la partie suivante de la déclaration adoptée par les chefs d’Etat de l’OTAN à Bucarest le 3 avril 2008: «L’OTAN se félicite des aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine et de la Géorgie à une adhésion à l’OTAN. Nous avons convenu aujourd’hui que ces pays deviendront membres de l’OTAN».
 
Entretemps, il prévaudra de garder la tête froide. L’envoi d’un nombre important de forces militaires dans les pays riverains de l’Ukraine revient à verser de l’essence sur les feux pour l’instant relativement isolés et se limitant principalement à l’est de l’Ukraine. L’accord fragile conclu à Genève le 17 avril peut encore servir de base à la discussion entre des leaders raisonnables et prévenir provocation, arrogance et escalade qui, il y a 100 ans, mena à la guerre qui devait mettre fin à toutes les guerres. Deux courtes décennies plus tard, la Seconde Guerre mondiale suivit.
 
Dans le sillage de ce carnage, Winston Churchill fit une observation qui s’applique également à notre XXIe siècle: «Parole, parole, parole plutôt que guerre, guerre, guerre.»

Respectueusement soumis par le groupe de pilotage «Veteran Intelligence Professionals for Sanity

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  • Larry Johnson, CIA & State Department (ret.)
  • David MacMichael, former Senior Estimates Officer, National Intelligence Council (ret.)
  • Ray McGovern, former chief of CIA’s Soviet Foreign Policy Branch & presidential briefer (ret.)
  • Tom Maertens, former Foreign Service Officer and National Security Council Director for Non-Proliferation
  • Elizabeth Murray, former Deputy National Intelligence Officer for the Near East, National Intelligence Council (ret.)
  • Todd E. Pierce, US Army Judge Advocate General Corps (ret.)
  • Coleen Rowley, former Chief Division Counsel & FBI Special Agent (ret.)
Source: consortiumnews.com du 28/4/14 (Traduction Horizons et débats)

* «Veteran Intelligence Professionals for Sanity» [anciens collaborateurs des services secrets pour le bon sens] est un groupe d’anciens fonctionnaires des services secrets américains, dont la CIA, les bureaux des services secrets du secrétariat d’Etat (INR) et des services secrets de l’armée (DIA). En janvier 2003, ils ont formé une organisation nationale pour lutter contre l’utilisation trompeuse d’informations des services secrets, sur laquelle l’invasion anglo-américaine de l’Irak fut fondée. Avant l’attaque de l’Irak en 2003, ce groupe publia une lettre, dans laquelle il expliquait que les analystes des services de renseignement n’avaient jamais été entendus par les hommes politiques. En août 2010, il rédigea un mémorandum à l’attention de la Maison blanche, dans lequel il mettait en garde contre une attaque israélienne imminente de l’Iran .
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dimanche 20 juillet 2014

Après le 18 mai , ... on fait quoi ?

De belles affiches et après?
Deux mois après la défaite pitoyable du Conseil fédéral, du Parlement, de l'armée, des associations de milice la soutenant et de l'économie ... (ça fait beaucoup!) au sujet du Gripen, il n'y a toujours rien d'intelligent qui a été dit et encore moins d'actions entreprises.

Pas de plan B, ni C, ni D...! Pour ainsi dire pas de prise de position, comme si tous les acteurs s'étaient dépêchés de rentrer dans leur coquille pour se cacher. Tout juste a-t-on entendu des "c'est la faute des romands, partis trop tard et qui n'ont rien fait". Très constructif et très mature! Mais pas un mot sur les conséquences économiques et encore moins sur le plan de la sécurité de la Suisse. Alors que nous argumentions (à raison, nous en sommes convaincus) qu'un rejet du Gripen aurait des conséquences funestes pour notre défense aérienne, brutalement ce n'est même plus un thème de discussion! Notre Pays baigne-t-il dans le bonheur et la sécurité éternelle? Aurions-nous raconté des mensonges aux Suisses?


Pendant ce temps en Ukraine, le vol MH17.
Les actions déloyales au sein du DDPS ont été passées sous silence, le lâchage du PDC et l'engagement très minimaliste des partis bourgeois, les conséquences du 9 février, les ratés de communication, la saga du choix de l'avion, les traits d'humour potache et les critiques à l'encontre de M. Burkhalter qui viennent au pire moment..! La liste des ratages est malheureusement exceptionnellement longue. Et tout cela après la victoire éclatante du 23 septembre et après le rapport de l'EPFZ qui montre que les Suisses soutiennent leur armée?
 
Pendant ce temps dans la bande de Gaza en réponse aux
attaques de roquettes du Hamas.

A-t-on appris quelque chose? Y aura-t-il des conséquences? Des têtes vont-elles tomber ou tout le monde a-t-il fait juste et en septembre tout ce petit monde rentrera bronzé de vacances bien méritées? Et était-ce une bonne idée de reporter de 3 petits mois la consultation du rapport sur le développement de l'armée (DEVA)? Quel est la valeur ajoutée? Et quid du rapport de politique de sécurité, cent fois annoncé et qui serait pourtant LE dossier prioritaire qui devrait enfin apporter les arguments clé justifiant le remplacement du TIGER et les autres correctifs dont notre armée a un urgent besoin?




Pendant ce temps à Benghazi en Lybie, l'anarchie s'installe et
des milliers de réfugiés risquent leur vie pour traverser
la Méditerranée et rejoindre l'Europe.
A la lumière des événements tragiques en Ukraine, au Proche-Orient (Israël, Syrie, Irak) et en Afrique du Nord (Lybie, Tunisie, Mali), il ne serait pourtant pas superflu de commencer à se faire un peu de souci !  Car la guerre est loin d'être une vue de l'esprit. Et surprise, les chars et l'aviation y jouent les premiers rôles alors que la Gauche nous promet 50 ans de paix en Europe et que les "modernistes" prétendent que la seule menace serait désormais la "cyberguerre". La dimension cyber n'est qu'un problème (très grave) de plus, mais en aucun cas cela ne sonne le glas des autres menaces. En aucun cas cette nouvelle forme de menace ne nous dispense des investissements "classiques".

Alors n'est-il pas urgent de définir une stratégie derrière laquelle les Suisses réussissent à s'identifier et de donner rapidement les moyens de sa mise en œuvre? Car si on continue à faire comme le reste de l'Europe et que la situation se gâte vraiment pour nous aussi, nous allons une fois de plus nous retrouver au seuil d'une guerre avec un défaut de préparation. Est-ce cela que nous voulons?
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dimanche 18 mai 2014

Le peuple suisse dit non au financement du Gripen


Communiqué

18 mai 2014
 

Le 18 mai 2014, le peuple suisse a rejeté la loi sur le fonds Gripen. Le Comité romand pour une défense nationale crédible (CRDC) regrette profondément ce résultat. Il déplore en particulier les mécanismes délétères qui en sont l’origine et l’absence de prise en considération réaliste des menaces. La décision prise contrevient aux dispositions constitutionnelles et aux obligations de la Suisse en matière de politique de sécurité et de défense. Le CRDC, de concert avec ses partenaires, poursuivra donc avec détermination son effort d’explication à la population Suisse pour que ce domaine soit désormais traité avec responsabilité. Il enjoint le Conseil fédéral et le Parlement de proposer dans les meilleurs délais une solution permettant de corriger l’importante lacune de sécurité née aujourd’hui.

 
Le peuple n’a pas soutenu le Conseil fédéral et le Parlement sur l’acquisition des 22 Gripen E prévus pour remplacer les Tiger devenus obsolètes. Sur la base des derniers sondages, ce résultat était prévisible, notamment en Suisse romande. Le CRDC remercie toutes les personnes qui se sont engagées sans compter pour le OUI. Il prend bien sûr acte de la décision populaire, mais se déclare mécontent et soucieux pour la démocratie d’un résultat obtenu sur la base de mensonges et d’approximations éhontés des référendaires. La sécurité et la défense de notre Pays méritent infiniment mieux que cela, surtout si l’on considère la situation internationale instable qui prévaut et qui démontre l’inanité des arguments des milieux antimilitaristes.
 
 
Notre économie, élément clé de notre capacité de défense, va également payer un lourd tribut. Après les réductions successives de l’armée et de son budget dans le passé et la nouvelle réforme en cours, cette décision va renforcer la désindustrialisation de la Suisse dans le domaine des hautes technologies de défense. Cela entraînera en Suisse de graves pertes de compétences et une réduction substantielle d’emplois à haute valeur ajoutée.
 
 
Alors que la Suisse devrait au contraire disposer d’une « boîte à outils » complète lui permettant de répondre aux situations de crise, la décision de ce 18 mai entraîne, à court terme déjà, une importante lacune. Les opposants ont en partie basé leur argumentation sur le manque de scénarii valables. Mais qui en 1932 aurait imaginé la nature et l’ampleur du drame qui s’est déroulé entre 1939 et 1945 ? Qui aurait imaginé que la guerre dans le Pacifique, à la même période, se terminerait par deux explosions atomiques ? Qui a anticipé la chute du Mur de Berlin, les révolutions arabes, la Syrie, la Crimée et maintenant l’Ukraine? Qui aurait imaginé que la guerre serait à nouveau aux portes d’une Europe en pleine déroute économique? Elaborer des scénarii précis est à l’évidence impossible et les exiger n’est que pure malhonnêteté intellectuelle.
 
 
Dans la palette des moyens dont la Suisse doit disposer pour assurer le mandat fixé dans la Constitution, une aviation de combat efficace et capable de durer est une nécessité, tout comme des moyens terrestres, des forces spéciales et une cyberdéfense crédibles, quelle que soit notre modèle d’armée ou de stratégie de défense. Le CRDC enjoint donc le Conseil fédéral et le Parlement de prendre toute mesure utile pour corriger aussi rapidement que possible l’importante lacune née de la décision populaire de ce jour et de doter la Suisse d’une aviation militaire forte de 50 à 60 appareils et de prévoir un financement solide pour leur acquisition. De même, il attend de l’Armée qu’elle assure dès que possible un service permanent de police aérienne.

 
Emmanuel Kilchenmann, vice-président du CRDC
François M. Monney, co-président du Comité vaudois « Oui au Gripen »
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jeudi 15 mai 2014

mercredi 14 mai 2014

Non au Gripen ? Plus à y perdre qu'à y gagner !

Selon le second sondage gfs.bern/SSR, il semble qu’une partie de la population suisse en général, et romande en particulier, soit tentée de provoquer un « 9 février militaire » le 18 mai prochain. Pour « faire un bénéfice de 10 milliards » en n’achetant pas le Gripen. Pour donner une bonne leçon à « Maurer et à ses colonels », à l’UDC et aux Forces aériennes dont « les joujoux » ne volent que durant les heures de bureau !

Une sorte de refus collectif de voir ce qu’il y a à perdre à ne PAS acquérir le Gripen :

  • plus aucune capacité à durer au-delà de 2 semaines pour nos Forces aériennes, si la situation en Europe venait subitement à dégénérer au point de devoir prendre la décision de gérer, surveiller et contrôler en permanence notre espace aérien ;
  • pas de leasing de Gripen C/D pour assurer rapidement une amélioration de nos capacités, permettant ainsi une formation anticipée de nos pilotes et du personnel au sol sur cet appareil, et donc une transition rapide et efficiente sur le Gripen E ;
  • pas de possibilité de mettre sur pied un service de police aérienne H24 sur 365 jours par an ;
  • pas de possibilité pour nos Forces aériennes de retrouver leurs compétences de base en matière de reconnaissance aérienne – perdues avec le retrait du Mirage III/RS en 2003 – et d'appui au sol (au profit de l’armée en tant que système global) – perdues avec le retrait du Hunter en 1995 – donc pas de possibilité d’entraîner véritablement le combat interarmes ;
  • pas d’accès pour des entreprises suisses à un marché d’affaires compensatoires de 2,5 milliards de francs ;
  • plus de Forces aériennes, donc de police et de protection aériennes, dans 10 ans, si en 2025 on estime que remplacer les F/A-18 constitue aussi un gaspillage de milliards pour des avions inutiles ;
  • plus de souveraineté sur notre espace aérien à partir de 2025, dès lors qu’avec la disparition de nos Forces aériennes nous devrions en confier la gestion, la surveillance et le contrôle à une armée de l’air d’un pays membre de l’OTAN ;
  • plus de possibilité d'utiliser notre neutralité comme moyen d’éviter la guerre, en imposant son respect par les armes si besoin est, étant donné qu’il serait suicidaire d’engager des troupes au sol sans une couverture aérienne efficace.

Si, suite au « 9 février », le prix de la décision populaire se chiffre en dizaines de millions de francs pour que nos étudiants puissent continuer à circuler (Erasmus) et nos chercheurs participer à des programmes de recherche (Horizon 2020), c’est avec beaucoup plus qu'une dizaine de milliards répartis sur trente ans que nous paierions le prix d'un « 9 février militaire » pour nous doter à nouveau, et dans la précipitation, des moyens propres à recréer une force aérienne... sous réserve qu'à ce moment-là les avions nécessaires soient disponibles à l'achat, en nombre et dans la qualité requise.

Avons-nous vraiment tout à gagner de voter non au Gripen ? Certainement pas ! En votant non au Gripen, nous avons beaucoup plus à perdre que les 10 milliards articulés par les opposants.
Aussi, je vous invite à voter « OUI au Gripen » ce dimanche 18 mai 2014 et, étant donné que chaque voix comptera, à faire voter « OUI au Gripen » autour de vous !

François M. Monney
Co-président du Comité vaudois "Oui au Gripen"
Article publié initialement sur www.francoismonney.ch

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lundi 12 mai 2014

"Cette histoire de soi-disant avion de papier dont on a accusé le Gripen ..., j’ai personnellement piloté cet appareil."


Pour tous ceux qui auraient loupé cet excellent interview publié par Le Temps le 11 mai 2014
Par Yves Petignat


Interview du colonel Fabio Antognini, pilote d’essai des Forces aériennes chargé de suivre le processus d’acquisition et la mise au point du Gripen E choisi par la Suisse

Le colonel Fabio Antognini est le pilote d’essai des Forces aériennes chargé de suivre le processus d’acquisition et la mise au point du Gripen E choisi par la Suisse. Il a déjà volé sur le prototype de l’avion de Saab. C’est sans doute le meilleur connaisseur en Suisse de l’avion qui est en débat ce 18 mai. « Si la mission des Forces aériennes devait se limiter à la police de l’air, les 32 F/A-18 suffiraient. Mais l’autorité politique nous a confié d’autres missions », dit-il.

Le Temps: Par quoi se distingue la nouvelle génération d’avions comme celle du Gripen, par rapport à des appareils sortis il y a quinze vingt ans ?

Colonel Fabio Antognini: La première chose, ce sont les yeux. Les senseurs de l’avion. Cela peut-être le radar ou la caméra infrarouge. La grande révolution a été le remplacement des antennes radar avec un balayage mécanique, comme sur le F/A-18, par une nouvelle technologie de balayage électronique. C’est comme de passer du téléphone analogique au téléphone digital. On peut désormais envoyer les ondes électromagnétiques dans la direction que l’on veut, sur un secteur précis. Le pilote n’est plus lié à la mécanique du radar qui balaye tout l’espace devant lui. Cela révolutionne la vue d’ensemble.

La deuxième chose c’est le pouvoir de transmettre et partager les informations avec des partenaires. Que ce soient d’autres avions ou les centres opérationnels au sol. Un peu comme avec des téléphones portables, l’avion dispose de toute la gamme de liaisons.

La puissance du moteur est importante ?

Il y a aussi une nouvelle génération de moteurs. Ce n’est pas la poussée qui fait la différence. C’est plutôt la fiabilité du moteur qui a changé. C’est la raison pour laquelle pour les constructeurs, notamment américains, avoir deux moteurs n’est plus forcément considéré comme un avantage. Le dernier modèle bijou américain, le F-35, n’a plus qu’un seul moteur. La fiabilité passe avant la puissance.

Ce qui fera aussi la différence dans les nouveaux appareils, c’est l’armement. Les nouveaux missiles du Gripen sont beaucoup plus performants que ceux du F/A-18. Ils vont plus loin, ont beaucoup plus de possibilités.

Quelles sont les caractéristiques des missiles Meteor qui équiperont les Gripen ?

Ce n’est pas la portée ou la distance qui est importante. C’est la précision et la flexibilité des missiles modernes. Sur les F/A-18, tout est lié : un avion, un missile, un but. Avec les nouveaux engins, il y a une plus grande flexibilité. Le missile peut être redirigé, changer de cible durant son vol. On peut ainsi réaliser plusieurs missions au même moment.

Qu’apportent ces innovations technologiques dans vos interventions quotidiennes ?

Le fait d’avoir ces « yeux » plus efficaces améliore largement notre capacité d’intervention. C’est le fait déjà de l’électronique embarquée qui permet de calculer d’emblée la trajectoire de l’avion, évite au pilote d’avoir à calculer comment et où il va atteindre sa cible. Le logiciel de l’avion nous dispense de certaines tâches de calcul. Aujourd’hui encore, sur le F/A-18, nous avons quelques règles pour estimer les anticipations indispensables, les «prévisées». Vu la densité d’avions en Suisse, il est essentiel non seulement de repérer très vite l’appareil en cause, mais aussi d’avoir une vue d’ensemble du trafic autour de lui. Cela augmente notre sécurité et celle de l’espace surveillé.

Autrefois, il fallait un certain temps de « chauffe » avant de pouvoir décoller. Ce sera toujours le cas ?

Non. Aujourd’hui, c’est comme avec un ordinateur portable. En quelques secondes l’appareil est prêt à être utilisé. Avec le F/A-18, il faut encore préchauffer le système, consacrer du temps à des contrôles manuels. Dans les avions modernes, comme le Gripen, tout se fait automatiquement. La vitesse de calcul permet d’allumer la machine, de vérifier l’absence de problème et d’être prêt aussitôt à l’engagement. La technologie augmente donc les performances.

Et l’entretien ?

L’entretien a été optimisé. Avec votre voiture, vous deviez faire des contrôles tous les dix ou quinze mille kilomètres. Il y avait des échéances précises. Ce n’est plus le cas. Sur le Gripen, nous avons un système qui teste au fur et à mesure l’état des équipements, des pièces. On ne fait de la maintenance que lorsque c’est nécessaire et on ne change que les pièces qui ne sont plus aptes au service.

Vous êtes le pilote d’essai des Forces aériennes qui a volé sur le prototype du modèle E du Gripen, Quelles différences y a-t-il entre le prototype et le modèle définitif ?

Il n’y a plus beaucoup de différences. Le constructeur Saab, pour réduire son propre risque a construit ce démonstrateur technologique dans lequel il a installé le nouveau moteur, le radar, la caméra infrarouge, l’électronique, les nouveaux équipements de guerre électroniques. J’ai pu voler avec cet avion qui donne toute satisfaction. Tous ces développements devront être installés dans une nouvelle cellule dont la structure devra être adaptée aux nouveaux équipements. Il n’y aura donc pas de surprises. Cette histoire de soi-disant avion de papier dont on a accusé le Gripen me touche personnellement, car je le répète, j’ai personnellement piloté cet appareil.

Est-ce le bon appareil pour la Suisse ?

Les trois avions évalués en 2008 font partie de la pointe de ce qui existe en Europe. Ils correspondent à des exigences de très haut niveau. Les trois ont été déclarés aptes à l’engagement dans la troupe. Il est par ailleurs légitime que le Conseil fédéral, qui a pour mission de veiller à l’état des finances, choisisse l’appareil qui a le meilleur rapport qualité/prix. Et qui correspond à nos exigences.

Est-il vrai que les avions de chasse en Suisse s’usent plus rapidement que ceux de flottes étrangères ?

Oui. C’est une caractéristique que nous avons déjà pu évaluer avec tous les appareils que nous avons achetés. La Suisse est petite, mais pose des défis élevés aux appareils. Chez nous les engagements sont très proches des aéroports. Nous n’avons pas de longs survols avant d’atteindre nos espaces d’exercice lors desquels on sollicite beaucoup la machines avec des accélérations, des virages. Les moteurs, nous pouvons les changer. Ce qui s’use, c’est la « carrosserie », les ailes, la mécanique. Or celle-ci a été certifiée pour 5000 heures sur le F/A -18. Au-delà, il faudrait faire des tests pour écarter toute mauvaise surprise. Nous devons être aux alentours de 25700 heures aujourd’hui.

Combien d’avions faudrait-il retirer de la flotte pour assurer une permanence aérienne 24 heures sur 24 comme le demande le Parlement. Il y en a huit en France ou en Allemagne…

Selon nos estimations, il faudrait deux avions toujours prêts à décoller, auxquels s’ajoutent les appareils de réserve. Cela signifie qu’il faudrait évidemment les retirer de la flotte. Donc moins de disponibilités pour les missions quotidiennes de contrôle pour former ou entraîner les pilotes et, moins de réserve compte tenu des impératifs de la maintenance.

On parle beaucoup des avions sans pilote, sans comparaison avec les drones actuels. Que pourraient-ils faire ?

Un jour ou l’autre, la Suisse n’échappera pas au débat qui accompagnera ces nouveaux appareils. Mais c’est vraiment de la musique d’avenir car aujourd’hui ces avions sans pilote n’existent pas. Il faudra déterminer quelles missions leur confier. De la reconnaissance ? De la police aérienne ? Alors se posera la question de savoir à quelle distance faire voler ces engins sans pilote d’un appareil de ligne chargé de passagers afin de l’identifier. Considérez la question de responsabilité et de l’inégalité des risques, d’un côté un engin pour lequel il n’y a pas de mise en danger d’êtres humains et d’un autre un avion de ligne chargé de 240 passagers. Si un tel développement devait se réaliser à l’avenir, c’est une analyse morale qui serait nécessaire.

Dans son intervention en 2010, annonçant le report de l’acquisition du nouvel appareil, le Conseil fédéral avait déclaré que les 33 F/A18 suffisent pour assurer les tâches de police l’air. Est-ce que cela ne justifie pas de différer cette acquisition ?

L’armée a un mandat du politique. Ce n’est pas à nous, Forces aériennes, de décider ce que nous devons faire. Si la mission confiée par l’autorité politique devait être uniquement la police aérienne, dans ce cas le rapport de l’armée 2010 dit que 33 F/A-18 suffisent (32 après le récent accident). Mais tant que le parlement ne nous soulage pas du reste des obligations, la protection de l’espace aérien, la défense, le soutien des troupes au sol ou la reconnaissance aérienne, nous aurons besoin d’au moins d’au moins 60 chasseurs.

Est-ce que la mission d’appui au sol se justifie ?

Qui connaît l’avenir ? Qui aurait dit il y a quelques mois qu’il y aurait un problème avec l’Ukraine et la Crimée ? Nous ne savons pas comment nos troupes devront être engagées les à l’avenir. Nous avons une responsabilité auprès de nos camarades des troupes au sol. C’est une capacité dont l’avion dispose et que nous avions perdue avec la mise à la retraite des Hunter. Mais tous les Gripen ne devraient pas être équipés pour cela et les coûts restent minimes.

■ On ne tire pas sur un avion civil…

Une petite question au passage au porte-parole des Forces aériennes Laurent Savary.

Est-ce que les Forces aériennes peuvent tirer sur un avion civil et dans quelles circonstances?

Laurent Savary, porte-parole des Forces aériennes: Dans le cadre d’un espace aérien restreint, désigné par le Conseil fédéral, comme l’espace au-dessus du Forum de Davos, dans ce cas uniquement, la possibilité de tir existe. Mais au quotidien ce n’est pas le cas selon l’ordonnance sur la sauvegarde de la souveraineté sur l’espace aérien. Si aujourd’hui un avion traverse notre espace aérien, il n’y a aucune base légale pour l’abattre. S’il y a un espace restreint désigné, comme au-dessus de Davos ou lors du sommet de la Francophonie, alors il faut l’autorisation de tir du ministre de la Défense, qui peut aussi déléguer ce pouvoir à un de ses représentants par exemple le commandant des Forces aériennes.

 

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Autant dire : "Des écologistes contre les énergies renouvelables", non ?

Tout commence déjà avec leur dénomination : "Des libéraux contre le Gripen". Des gens qui se disent libéraux et qui crachent sur des milliards d'affaires compensatoires... C'est un peu comme "Des écologistes contre les énergies renouvelables", non ?

Mais où j'avoue avoir vraiment ri, c'est avec leur page "Officiers contre le Gripen".
Au cas où ils se décideraient à la changer, je vous la reproduit ci-dessous, telle qu'elle a été mise en ligne ce lundi matin 12 mai 2014.

Nous, officiers de l'armée suisse, disons Non à l'acquisition des avions de combat Gripen.

Nous considérons que cela relève de notre responsabilité en tant que citoyens et officiers de nous exprimer sur les questions de politiques de sécurité. Cela d’autant plus lorsqu’une mauvaise décision se profile.

Nous nous positionnons pour une armée puissante, moderne et bien équipée. Les moyens dont dispose l’armée doivent cependant être utilisés de manière optimale pour la Suisse. Avec l’acquisition du Gripen, ce n'est pas le cas, en particulier, pour les raisons suivantes :

• L'acquisition ne repose sur aucune doctrine , ou base conceptuelle, qui serait pourtant une condition préalable impérative pour une décision d’achat de cette importance. Ni l'armée ni le Rapport sur la politique de sécurité n’expliquent en quoi un remplacement de la flotte des Tiger est à l'heure actuelle une priorité.

• Les doutes sur l’aptitude d’intervention du Gripen, que le rapport d’évaluation a soulevé, ne peuvent pas être éludés de façon satisfaisante. En outre, il existe des hauts risques techniques, financiers et dans le temps en ce qui concerne le développement du Gripen.

• L'acquisition lie pendant des décennies des moyens financiers qui manquent ailleurs. Il y a actuellement dans l'armée encore de trop nombreux chantiers ouverts et des lacunes d'équipement qui seraient à prendre en charge avec plus d’urgence.

Nous appelons tous les officiers partageant également ces idées à se joindre à notre comité. Pour cela, écrivez simplement un mail!

cap Roland Fischer, Défense contre avions
maj Daniel Jositsch, Justice militaire
maj Donat Ledergerber, Troupe de la logistique
lt col Paul Huber, Infanterie
lt col Rolf T. Spörri, Cycliste
lt col Dr. Bay Kornel, Sanitaire
cap Urs W.Honegger, Infanterie
of spéc (cap) Patrick Zobrist, SPP A
of spéc Marco Denoth Architecte, ingénieur d'Etat-major 
lt col Felix Egolf,  Navigation aérienne
lt col Paul Huber, Chef de section cp fus III/192.
cap Barbara Kern, Affaires sanitaires
cap Claudio Meisser,  Officier ondi
cap Erwin Haas, Infanterie

J'adore le "Nous voulons une armée puissante, moderne et bien équipée". Et le "remplacement des Tiger n'est pas une priorité". Vouloir du moderne en gardant des avions de la guerre du Vietnam, c'est vraiment génial. Au niveau incohérence, je crois qu'on peut difficilement faire mieux.
Comme leurs autres arguments ont déjà été démontés à maintes reprises par le CRDC, je n'y reviendrai pas.

Quelques mots concernant la crédibilité des signataires. Entre le lieutenant-colonel qui apparaît deux fois, dont une fois comme chef sct, le capitaine qui appartient aux "affaires sanitaires" et un lieutenant-colonel de la "navigation aérienne", il y a à boire et à manger dans cette liste, surtout que "navigation aérienne", j'ai beau chercher, mais cette arme n'existe pas au sein de notre armée. J'aime bien aussi l'ingénieur d'état-major : étonnant, pour un architecte.

Bref, comme le dit l'adage, "le ridicule ne tue pas" ! Mais quand on voit la RTS, le Matin et le 24Heures en faire des articles, on est en droit de se poser des questions.

Alors je me risque à émettre deux hypothèses :

  1. soit les opposants au Gripen se rendent compte qu'ils n'ont aucun argument valable à avancer et ils se raccrochent à n'importe quoi pour tenter de se donner un peu de crédibilité ;
  2. soit les officiers cités en signature n'existent pas.

Plt J. Signori
Chef sct bat car 14
Officier conscient que pour avoir une armée moderne et crédible, il lui faut du matériel moderne et crédible
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samedi 10 mai 2014

Une fois, ça va. Deux, bonjour les dégâts !

Dimanche 9 février 2014. La population suisse qui dit « oui à l’initiative contre l’immigration de masse ». S’ensuivent alors les menaces de Bruxelles d’écarter la Suisse des programmes « Erasmus + » (mobilité des étudiants) et « Horizon 2020 » (recherche scientifique). Et là, dès le 10 février, une douloureuse prise de conscience : « Mince ! Toucher à la libre circulation des personnes revenait donc à couler la libre circulation des biens, des services et des capitaux, ces libertés tant nécessaires à notre prospérité et notre bien-être ? Si seulement on nous l’avait clairement dit avant ! »

« Mince alors ! Si j’avais su, j’aurais pas … » Las ! Excédée par les abus sur le marché du travail et la pression sur le logement ainsi que sur nos infrastructures, une majorité de la population n’a rien voulu savoir de ce qu'on lui disait et a voté "oui", en refusant de voir plus loin que l’horizon de ses émotions. Certes, le Conseil fédéral tente depuis de corriger le tir. Mais à quel prix ! A coup de dizaines de millions pour permettre à nos étudiants et à nos chercheurs de circuler, à nos hautes écoles de participer à des programmes de recherche.

Et pourtant, ce coup de semonce semble ne pas avoir été entendu par beaucoup. Aujourd’hui, une partie de la population suisse en général, romande en particulier, semble tentée par un « 9 février militaire », le 18 mai prochain. Pour « faire un bénéfice de 10 milliards » en n’achetant pas le Gripen. Histoire de donner une bonne leçon "à Maurer" pour sa « meilleure armée de le monde », à l’UDC pour son initiative contre l'immigration de masse et aux militaires censés n'avoir « aucune idée de ce que sont les vraies menaces » !

Le refus total de comprendre que toucher à nos Forces aériennes c’est, à terme, couler l’armée ! Le refus d’écouter les experts qui ont démontré cent fois que pour être efficace sur la durée, notre aviation doit pouvoir aligner un minimum de 50 à 60 avions de combat modernes, armée de milice ou non. Le rejet de l’idée que cet achat puisse conditionner la survie de nos Forces aériennes au-delà de 2025-30, quand nos 32 F/A-18 Hornet devront être mis hors service. Le refus de comprendre que de cette survie dépend la capacité de notre armée à remplir les missions qui lui sont dévolues par la Constitution fédérale. Le déni des risques découlant de la période d’incertitude géostratégique dans laquelle est à nouveau entré le continent européen avec la fin de l’après-Guerre froide.
Surtout, le refus de voir qu’un « non au Gripen » confiera les clés de l’armée aux apôtres du Groupe pour une Suisse sans armée. Mieux, que cela conférera aux antimilitaristes la légitimité populaire de pouvoir proposer dans la foulée ce qu’ils veulent contre notre armée.
Alors, autant le dire déjà : ce n’est pas le 19 mai que l’on prendra conscience du coup porté le 18 à notre sécurité armée. Partant, à notre pays en terme de crédibilité sur la scène internationale. Personne n'a vu venir la Lybie, la Syrie ou l'Ukraine! Qui peut dire ce qui se passera demain? Pour corriger le tir d'un NON au Gripen le 18 mai 2014 et la destruction de notre aviation qui en découlera, ce ne sont pas des dizaines de millions qu’il nous faudra sacrifier en quelques mois, mais un nombre élevé de milliards… pour reconstruire, sur 20 ans, notre capacité de défense aérienne. Pour autant qu'on en trouve encore sur le marché. Est-ce là le niveau de sécurité que nous voulons nous accorder ?

Entre nous, concernant l’argument financier : viendrait-il à quiconque l’idée saugrenue de vouloir « faire du bénéfice » sur l’aide au développement, en coupant les 3 milliards qui lui sont alloués chaque année ?... Le Gripen ce n'est que 300 millions et que pendant 10 ans. Et pourtant, à en croire l'adage, une charité bien ordonnée commence par soi-même. Voilà qui serait tout bénéfice pour le social, la formation, nos infrastructures et le développement des énergies durables, non ?

Toujours entre nous, concernant l'inutilité des avions de combat : à la présidence de l’OSCE, le conseiller fédéral Burkhalter, dans sa mission de trouver une solution à la crise ukrainienne, aurait-il la même crédibilité qu’aujourd’hui face au président Poutine, s’il présidait un pays neutre doté d’une armée alibi, parce que privée d'aviation, dès lors que la population dudit pays neutre aurait rejeté un certain 6 juin 1993 l’achat de nos actuels 32 F/A-18 et qu'il nous resterait aujourd'hui peut-être que 52 Tiger hors d'âge et en cours de liquidation ?

Restons sérieux et responsables, et accordons à notre sécurité armée la même considération qu’à toutes les autres tâches de l’Etat. Jouer ces autres tâches étatiques contre nos capacités militaires nous conduira pas ailleurs que dans l’OTAN. Est-ce cela ce que nous voulons pour assurer notre sécurité militaire ?

François Monney
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Parade de la victoire

Le défilé du 14 juillet sur les Champs Elysés de nos voisins français : on connait.  Le défilé du 9 mai sur la Place Rouge de Moscou de nos (presque) voisins russes : on connait moins.


En tant que jeune officier, je ne connais pas toutes les armes apparaissant durant ces 66 minutes de parade, mais je peux néanmoins en tirer quelques déductions et conséquences.

Première déduction, la puissance militaire d'un pays est un atout clé dans la politique d'un état. Deuxième déduction, la Russie n'est pas une puissance militaire en déclin. Troisième déduction, la Russie affiche clairement une volonté de puissance et de reconquête d'une URSS pas si lointaine.

Conséquence, on peut s'attendre à une montée des tensions dans différents états entourant la Suisse. La priorité de ces états sera donc leur propre sécurité. Pourrons-nous compter sur eux en cas d'escalade ? Ou devrons-nous compter que sur nous-même ?

Et je voulais juste ajouter une dernière remarque concernant l'importance des force aériennes. Dès la 53ème minute, on peut observer nombres de chasseurs, bombardiers, awacs, ravitailleurs, transporteurs. Par contre, je n'ai pas vu de drones... que des avions et hélicoptères avec des pilotes à l'intérieur.

J. Signori
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jeudi 8 mai 2014

Les polémiques ça suffit !

Aujourd'hui sur la place fédérale, les présidents des partis soutenant l'acquisition du Gripen ont fait une démonstration de prise de hauteur ... qui serait bien nécessaire pour tous ceux qui ne savent que polémiquer.
 
Espérons que l'exemple de nos politiciens saura réveiller les Suisses. Sinon demain c'est le Groupe pour une Suisse sans Armée qui gagnera ! A côté de ça le 9 février apparaîtra comme une gentille plaisanterie.
 
 
 
CRDC / VEG
 
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Le Gripen vu par le Financial Times





Bon, on leur pardonnera d'avoir confondu l'Eurofighter ...avec un F-15 très américain quant à lui (cela se passe à la minute 1:07 de la vidéo) ;-)
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mardi 6 mai 2014

lundi 5 mai 2014

Une seule chose est vraiment sûre...

...c’est que plus rien n’est sûr !

Personne n’a vu venir le Printemps arabe qui est en train de tourner à un hiver interminable, même pas la NSA. Tous les services de renseignements du monde repèrent que...

...l’incertitude est le réel défi des temps modernes.

Depuis la fin de la Guerre froide (1989), les principaux conflits suivants ont eu lieu : Guerre du Golfe 90-91, Irak (2003), Liban (2006), Géorgie (2008), Printemps arabe (2010-2014), Lybie (2011), Syrie (2011-2014) et enfin l’Ukraine aujourd’hui. A chaque fois, notre espace aérien a dû être rigoureusement géré, surveillé et contrôlé, afin d’assurer que seuls les vols humanitaires et d’évacuations sanitaires ne le traversent. A chaque fois, cela a duré des semaines, et à chaque fois, cela n’a intéressé personne… Et à chaque fois, les opérations aériennes ont joué un rôle déterminant.
Et aujourd’hui, toutes les citoyennes et citoyens sont intéressés. Ils entendent dire que le timing du remplacement partiel des Tigers vieux de 35 ans n’est pas bon, parce que des avions ne répondent plus à un besoin sécuritaire urgent.
Restons tout de même un peu réalistes et observons avec rigueur les faits de notre histoire contemporaine : les catastrophes, les crises et les conflits font ce qu’ils veulent, et de plus quand ils le veulent. Souvent, ils le font lorsque l’on s’y attend le moins.
Ainsi, en toute humilité...

...il faut prendre une assurance pour sa sécurité.


Notre Conseil fédéral, notre Parlement et nos véritables responsables de la souveraineté de la Suisse vous suggèrent de prendre maintenant une assurance sécurité adaptée à l’incertitude évidente.

Soyez co-responsables et votez OUI au Gripen le 18 mai !


Christophe Keckeis
Ancien chef de l’armée (2003-2007)


On lira aussi avec profit, en vue de son vote sur l'achat du Gripen :
Christophe Keckeis : Deux c'est assez, trois c'est trop !
Christophe Keckeis : son argument premier, ainsi que ses deuxième et troisième arguments-clés pour le OUI au Gripen
Denis Froidevaux, président de la SSO : La sécurité d'abord - OUI au Gripen !
Gérald Vernez, président du CRDC : Non à l'affirmation « en cas de guerre l'armée suisse n'a aucune chance, donc le Gripen est inutile » !

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dimanche 4 mai 2014

Ne jouons pas avec la sécurité de notre pays

Le Groupe pour une Suisse sans armée est l'instigateur du référendum contre le Gripen. Son objectif est la suppression de l'armée par étapes. Certaines personnes envisagent de rejeter le renouvellement de notre aviation pour donner une leçon à M. Maurer et à l'UDC après la votation du 9 février dernier. Seules des élections permettent de sanctionner une politique qui ne plaît pas. Il est dangereux de mettre en péril la sécurité de notre population par un vote revanchard. La sécurité de notre pays est bien trop importante. Quelle sera la situation sécuritaire en Europe dans 10 ans? Le monde sera-t-il plus sûr? Une seule chose est certaine: Sans l'achat du Gripen, la Suisse n'aura plus d'aviation dans 10 ans. Car, en 2025, les F/A18 actuels seront en bout de course. Le renouvellement de notre aviation s'impose aujourd'hui pour garantir notre sécurité de demain.
 
C'est pourquoi il faut voter OUI au Gripen le 18 mai prochain.
 
CRDC / BUJ
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Exagérations et mensonges contre le Gripen

Les signatures contre le financement du Gripen ont été récoltées principalement par le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA). La Suisse romande était d'ailleurs représentée exclusivement par une membre du GSsA lors du lancement de la campagne. Les affirmations et les arguments des référendaires se fondent quasi exclusivement sur des mensonges ou des approximations tendancieuses:
- Le 14 janvier 2014, les référendaires déclarent avoir récoltés quelque 100'000 signatures contre l'achat du Gripen. En réalité,  65'797 signatures seulement sont remises à la Chancellerie fédérale, dont 65'384 sont valables (Feuille fédérale 2014, p. 939).
- Les caisses de l'Etat seraient vides et la somme astronomique! La réalité est à nouveau différente : Le 16 avril 2014, le Département des finances annonce que la situation financière de la Confédération reste bonne et que les comptes de la Confédération bouclent avec un excédent de 1 milliard pour l'exercice 2013. Dans ces conditions, consacrer, durant 10 ans, 5 pour mille du budget de Confédération pour garantir notre sécurité ne peut être qualifié que de raisonnable.
- L'achat du Gripen coûterait 10 milliards au lieu de 3,1 milliards: Les référendaires font gonfler artificiellement la facture du Gripen par une méthode de calcul à géométrie variable: Ils incluent des coûts d'entretien et de fonctionnement (pour 3,5 milliards) ainsi que les coûts des mises à niveau (pour un montant forfaitaire de 3 milliards). Ces éléments ne sont pas pris en compte pour les autres investissements de la Confédération.
- Les missions de notre armée et de son aviation ne seraient pas claires: La mission de l'armée est clairement formulée dans notre Constitution (art. 58: prévention de la guerre et promotion de la paix, défense et protection de la population). La mission de notre aviation est tout aussi claire et ne va pas changer à l'avenir : police aérienne, maintien de la souveraineté aérienne, par le combat aérien si nécessaire, et appui et protection du combat effectué au sol par nos soldats de milice. Seuls ceux qui veulent supprimer l'armée trouvent ces missions peu claires. En réalité, ils n'en veulent pas! Les missions sont données et claires.
- Le Gripen E représenterait un risque exagéré pour la Suisse, car il n'existerait que sur le papier: En réalité, il s'agit  du développement d'un modèle d'un avion qui a fait ses preuves : le Gripen C/D. Les améliorations prévue sont notamment un réacteur plus puissant, un réservoir interne plus grand, deux stations externes supplémentaires, un radar plus moderne et des missiles parmi les plus performants. Achetons un avion pour le futur qui repose sur une technologie qui a fait ses preuves !
- Un mouchard américain serait à bord du Gripen : La presse dominicale du 30 mars 2014 relaie une nouvelle non vérifiée selon laquelle le système de communication américain du Gripen, de l'entreprise Rockwell Collins, permettrait l'installation d'un mouchard. L'information se révèle fausse, le système de communication et le code source de son logiciel sont ouverts au constructeur Saab qui en possède ainsi le contrôle total (cf. NZZ du 1.4.2014 p. 12). C'est donc une pure fantaisie, ou un mensonge de plus, à mettre sur le compte de ceux qui cherchent à démanteler notre armée par tranches successives.
Aucun argument contre l'achat du Gripen n'est pertinent; mais surtout pour garantir notre sécurité de demain et notre souveraineté dans le ciel, je suis favorable à l'achat du Gripen et voterai OUI le 18 mai.
Jacques Bühler
Membre du comité du CRDC et membre du comité de l'association pour une Suisse sûre
 
 
 
 
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Pas de souveraineté sans contrôle de notre espace aérien, ou achèteriez-vous une maison dont le toit est percé?


La sécurité n’est pas gratuite!

Pour la Suisse également, la sécurité n’est pas un don du ciel. Elle doit être acquise durement et entretenue continuellement. Cela exige des sacrifices financiers et aussi un engagement personnel de chaque citoyen. Les hauts cris de la Gauche et des Verts, les fossoyeurs notoires de l’armée, sont en l’occurrence de mauvais conseillers pour notre peuple, car la sécurité au sens large du terme a toujours revêtu une grande valeur, à juste titre, tout au long de son histoire.
 

Pas de politique de sécurité sans protection de notre territoire aérien!

Le risque et la menace actuels sont multiples et comportent un vaste potentiel d’impondérables. Tous les moyens d’intervention aérienne constituent notre possibilité de réagir rapidement dans les délais les plus brefs aux menaces. Le contrôle et la lutte contre ces systèmes d’armes exigent de posséder à tout prix de moyens de guerre aérienne efficaces. Qui ne protège actuellement pas suffisamment son espace aérien laisse un vide en matière de politique de sécurité, lequel sera tôt ou tard occupé par des forces indésirables qui seront utilisées à notre désavantage.

 
Notre Etat de bien-être a aussi besoin de sécurité!

Le financement d’un Etat de bien-être implique une sécurité intérieure et contre l’extérieur. C’est le seul moyen de créer un environnement dans lequel la liberté personnelle, la propre responsabilité et le succès économique peuvent croître. Une «unité de sécurité suisse» constituée d’éléments civils et militaires est responsable de la sécurité. Un élément important de ce système de défense réside dans une armée de l’air efficace pour contrôler notre espace aérien et comme moyen de protection de notre espace aérien en cas de conflit.


Décriée par la Gauche comme «avions en papier» et estimée par beaucoup comme «trop légère»!

Pour des considérations de politique réelle et par égard pour les besoins des autres troupes, il est renoncé consciemment à acquérir des engins pouvant fournir une prestation la plus forte possible. Les performances du système d’armement du Gripen E proposé sont «state-of-the-art» et répondent aux exigences posées par notre armée. Compte tenu des moyens financiers dont nous disposons, des frais d’exploitation bas garantissent que notre armée de l’air puisse engager opérationnellement le Gripen E durablement pendant toute sa durée de vie.


Acquisition ultérieure: pas une stratégie orientée sur la solution et durable!

L’acquisition et l’introduction d’un avion de combat sont des projets d’une complexité élevée et pas des exercices de jeu. En cas de décision nulle et d’une mise hors service de notre flotte de F/A 18 pour des raisons d’âge à partir de 2025, une alternative au Gripen E avec une reprise immédiate des travaux d‘évaluation (2014!), le nouvel avion ne serait opérationnel qu’à partir de l’année 2036 au plus tôt. Même un horaire si ambitieux conduirait à un affaiblissement irresponsable de notre armée de l’air, à la lumière de la menace actuelle. Notre armée de l’air nécessite aussi une grandeur dépassant le point critique, ceci également pour des raisons de capacité de résistance et de considérations économiques.

 
Regard au-delà de nos frontières: performance maximale avec des effectifs moindres

En Europe, des petites nations comparables à la Suisse achètent de nouveaux avions de combat. En la matière, le trend va en direction de flottes plus petites équipées d’avions à hautes performances.


Utopie N° 1: confier les tâches de notre armée de l’air à l‘étranger

En raison de droit de neutralité ancré dans le droit public international, nous avons le devoir de contrôler notre propre espace aérien, le cas échéant d’intervenir. A cet effet, nous avons besoin d’avions de combat aptes à remplir ces missions. Le fait de vouloir confier cette tâche à l’étranger échoue déjà aux barrières infranchissables du droit en matière de neutralité.


2e utopie: le «remplacement partiel des Tiger» sous forme d’avions téléguidés (UAV [drones])

Malgré leur potentiel d’engagement remarquable dans le domaine des missions d’observation et du combat contre des objectifs au sol dans des conflits asymétriques, aucun programme de combat aérien n’est connu pour les drones. Les exigences techniques et opérationnelles sont trop élevées.


Pas de projet sans risques!

Bien que largement exclus face à l’Etat suédois comme partie contractante, des risques demeurent dans le développement pour l’achat du Gripen E, comme système d’armement «state-of-the-art». Nos spécialistes dignes de confiance jugent cependant ces risques comme défendables. Par ailleurs, pour le Gripen E comme pour tout autre avion de combat dans le monde entier, les performances de son système d‘armement ne seront atteintes qu’après la mise en service quotidienne constante et dure auprès de la troupe.


L’armée de l’air et la défense contre avions se complètent – nous avons besoin des deux!

Pour la protection de notre espace aérien, nous avons besoin tant d’avions de combat que d’un système de défense contre avions en raison de leurs caractéristiques complémentaires dans l’engagement. Ils atteignent leur efficacité maximale dans un engagement combiné conduit par des systèmes efficients de surveillance de l’espace aérien et de conduite de l’engagement.


Une décision zéro: le début de la fin de notre armée de l‘air!

Renoncer à l’acquisition du système d’armes Gripen E met en danger l’existence de notre armée de l’air à moyen terme ainsi que celle d’une politique suisse de sécurité cohérente et souveraine. Par ailleurs, la Suisse devrait renoncer au seul moyen de combat, lequel est en mesure, grâce à ses caractéristiques techniques, de nous défendre efficacement contre une menace étrangère inattendue et se précisant rapidement.


Conclusion

Il n’y a pas de souveraineté suisse sans un contrôle crédible de notre espace aérien! Renoncer à l’acquisition des Gripen E nuit de manière irréversible à notre politique de sécurité jusqu’à présent cohérente. En renonçant à cet achat, nous donnerions à l’étranger un signe destructif de faiblesse et de propre capitulation avec des conséquences négatives graves pour notre modèle à succès suisse.

Dans notre pays, personne n’achèterait une maison dont le toit serait percé. Mais les fossoyeurs notoires de notre armée que sont le PS, le GSsA et les Verts, tout comme nouvellement les Verts-libéraux dans leur sillage, veulent sournoisement nous donner une «telle maison d’insécurité» avec leur référendum pour refuser l’achat des avions de combat Gripen, achat clairement approuvé par le Parlement. Et une enquête représentative d’un institut de sondage d’opinions montre qu’actuellement une majorité de notre population serait prête à succomber aux sirènes de la Gauche.

La raison principale réside bien dans les coûts d’achat de CHF 3,126 mrd, dans l’opinion largement répandue que la sécurité de la Suisse est un don du ciel ainsi que, en conséquence, dans l’absence considérable de compréhension pour les affaires de politique de sécurité de notre pays. En ce qui concerne le dernier point, nos partis politiques sont également responsables. Durant ces dernières années, en raison du manque d’attractivité de ce thème, du travail en profondeur nécessaire qui lui est lié et de l’absence de perspectives de récolter des lauriers, ils se sont souciés d’une manière totalement insuffisante de cette mission centrale de la Confédération. Dans un tel contexte, il n’est pas surprenant que, dans les rangs de nos chambres fédérale, de moins en moins de parlementaires n'ont d‘expertise ni ne s'occupent, avec passion, du domaine de la «politique de sécurité», sujet tout sauf spectaculaire.

Une politique suisse de sécurité souveraine, originale et cohérente, avec une union de sécurité composée d’éléments civils et militaires ne survivra que si le Parlement et, en cas de référendum, les citoyens ayant le droit de vote, sont prêts à accorder les moyens financiers nécessaires à cet effet. Le référendum lancé par le PS, le GSsA et les Verts, qui viendra prochainement en vote, et dont l’objectif clair réside indirectement dans la suppression de notre armée, ne sera ni le premier ni le dernier dans ce sens, mais, avec certitude, l’une des pierres angulaires des plus importantes pour notre volonté d’indépendance.

Konrad Alder
Publié dans Armeelogistik et traduit par Michel Wild
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