mardi 22 juillet 2014

Obama doit faire preuve de retenue face à l’Ukraine

Suggestion CRDC: ne serait-il pas
l'heure d'écouter quelques sages
comme Sitting Bull?
Mémorandum à l’attention du Président Obama publié par les «Veteran Intelligence Professionals for Sanity» (VIPS)*
Source: consortiumnews.com du 28/4/14
(Traduction Horizons et débats)

Un article qui vaut la peine qu'on s'y arrête !

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Objet: la Russie, l’Ukraine et l’intérêt national des Etats-Unis


Nous, les soussignés, sommes d’anciens fonctionnaires des services de renseignement, de l’armée et des autorités judiciaires. Dans l’ensemble, nous comptons près de 200 ans d’années de service pour notre pays. Contrairement à de nombreux experts et conseillers qui fondent leurs arguments sur des notions abstraites des relations internationales, nos analyses proviennent d’une profonde expérience mise en pratique à l’intérieur du gouvernement américain – ceci aussi bien dans notre pays qu’à l’étranger.

Dans ce contexte, nous possédons une compréhension profonde de la grande responsabilité qui incombe à une grande puissance. Nous nous sentons ainsi dans l’obligation de vous faire part de nos points de vue sur l’Ukraine – d’autant plus qu’en ce moment les radios, la télévision et les journaux accordent beaucoup d’espace aux mêmes experts et universitaires qui, il y a à peine plus d’une décennie, ont fait tant de mal en Irak.

Un certain nombre d’entre nous, dans leurs activités gouvernementales, étaient impliqués dans la politique relative à l’ancienne Union soviétique puis avec l’Etat qui lui a succédé, la Fédération de Russie. Nous avons observé la tendance récente de Moscou vers une forme plus autoritaire de gouvernement et avons été également préoccupés par le jeu des grandes puissances rivales concernant l’Ukraine.

Nos souvenirs encore vifs de la guerre froide et du mal qu’elle a infligé à la sécurité du monde nous conduit à affirmer que les troubles en Ukraine ne devraient pas servir de prétexte pour ouvrir la voie au retour d’un monde bipolaire dans lequel deux superpuissances lourdement armées s’affronteraient à tous les niveaux, y compris à l’échelle mondiale.

Nous sommes particulièrement préoccupés par ce qui semble être un sentiment flou mais virulent parmi les membres du Congrès et les médias traditionnels à «faire quelque chose» concernant la Russie – un sentiment qui est à la fois mal fondé et tout à fait à l’opposé de ce que notre nation devrait faire pour entretenir une relation constructive et finalement bénéfique avec Moscou et le reste du monde.

Alors que nous soutenons les efforts des Etats-Unis pour aider au développement d’une démocratie pluraliste en Ukraine, y compris l’assistance au déroulement d’élections libres et équitables, nous croyons que le soutien militaire et l’implication directe des troupes américaines est une étape qui va inévitablement conduire à une escalade du conflit et à une confrontation directe entre deux grandes puissances nucléaires – une situation qui devrait et pourrait être facilement évitée si les intérêts de tous les pays, y compris ceux de la Russie, étaient pris en considération.

Pour parler clairement, l’engagement de la Russie en Ukraine – un pays qui est aux portes de Moscou et qui est, en partie, ethniquement russe – ne menace ni les intérêts vitaux américains; ni ceux des alliés des Etats-Unis. La réponse de Washington devrait être mesurée et prendre en compte les risques réels par rapport aux gains possibles. Les sanctions doivent être utilisées avec beaucoup de retenue, vu leur efficacité douteuse et qu’elles ne conduisent souvent qu’à envenimer des positions contradictoires. Des interventions militaires importantes, qu’elles soient unilatérales ou en conjonction avec l’OTAN, doivent être évitées car elles peuvent être perçues comme des provocations, sans offrir de solution aux désaccords existants.

Nous plaidons pour plus, et pas moins, d’engagement diplomatique, sur la base de notre propre expérience en tant que témoins de nombreuses occasions manquées au cours des dernières années, 50 ans et plus, où les Etats-Unis – à notre grand regret – se sont trouvés trop souvent du mauvais côté de l’histoire. Le fiasco de la baie des Cochons en 1961 consolidant le communisme à Cuba; le soutien américain aveugle à des groupes anti-communistes et des partis politiques en Europe affaiblissant des démocraties naissantes et renforçant simultanément la corruption; les ouvertures de l’ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev en matière de désarmement nucléaire total qui ont été ignorées, encourageant ainsi la prolifération nucléaire dans d’autres Etats.

Lorsque l’Union soviétique s’est finalement effondrée, des accords spécifiques visant à réduire les interventions dans les anciens pays du Pacte de Varsovie ont été rapidement ignorés, avec simultanément l’OTAN et l’Union européenne se dirigeant rapidement vers l’est. Le viol de l’économie russe dans les années 1990, conçu par des «entrepreneurs» occidentaux en collaboration avec des oligarques locaux en fut le résultat. Cela a été décrit comme une «thérapie de choc» à l’époque, mais la plupart des Russes y virent, à juste titre, une entreprise de pillage à grande échelle, alimentant une grande partie de la méfiance actuelle envers l’Occident.

La Russie pouvait difficilement ignorer l’encouragement et la participation de facto de Washington au «changement de régime» en Ukraine – résultant dans le renversement du gouvernement régulièrement élu (bien que totalement corrompu) à Kiev. Par ailleurs, la poursuite des efforts de l’Occident pour attirer l’Ukraine dans l’OTAN garantirait l’hostilité russe pendant de nombreuses années à venir. Ce sont des questions existentielles pour Moscou; permettez-nous de vous rappeler un parallèle américain: l’application de la doctrine Monroe dans notre propre «arrière-cour».

A notre avis, la situation ne doit pas échapper à tout contrôle. La porte est toujours ouverte à l’application des mesures négociées le 17 avril à Genève. La volonté de la Russie de continuer à travailler avec nous sur la destruction des armes chimiques de la Syrie et sur la question nucléaire iranienne reste encourageante et pourrait favoriser la coopération dans d’autres domaines d’intérêts mutuels. Perspective Comme pour la Crimée, avec toute la rhétorique trompeuse remplissant les ondes, nous tenons à vous rappeler que la Crimée est devenue une partie de la Russie à la fin du XVIIIe siècle. Il y a soixante ans, l’ukrainien Nikita Khrouchtchev, qui était alors à la tête du Parti communiste soviétique, a simplement donné la Crimée à l’Ukraine – l’une des 15 «républiques» formant l’ancienne Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS). Il n’y avait pas de référendum à l’époque; cela n’était guère plus qu’une formalité, toutes les républiques de l’ex-URSS dansant sur l’air de Moscou.
 
Le transfert de la Crimée à l’Ukraine commença de façon concrète en 1991, après l’implosion de l’Union soviétique, lorsque les Criméens ne furent plus, de fait, citoyens russes. Le président Vladimir Poutine aborda de façon directe ce problème dans son grand discours du 18 mars, quand il rappela que la Russie avait «accepté avec humilité» cette situation en 1991. Il a expliqué que la Russie «traversait alors des temps difficiles et était incapable de défendre ses intérêts».
Aujourd’hui, la Russie est capable de protéger ses intérêts dans les domaines qu’elle appelle ses «frontières proches». Elle n’acceptera pas l’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN. Les tentatives pour imposer cela ne rendra pas l’Europe plus sûre; mais plutôt augmentera le danger d’une guerre.
 
Il y a une décision importante que vous pouvez prendre, Monsieur le Président. Nous vous recommandons de demander à l’OTAN d’annuler formellement la partie suivante de la déclaration adoptée par les chefs d’Etat de l’OTAN à Bucarest le 3 avril 2008: «L’OTAN se félicite des aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine et de la Géorgie à une adhésion à l’OTAN. Nous avons convenu aujourd’hui que ces pays deviendront membres de l’OTAN».
 
Entretemps, il prévaudra de garder la tête froide. L’envoi d’un nombre important de forces militaires dans les pays riverains de l’Ukraine revient à verser de l’essence sur les feux pour l’instant relativement isolés et se limitant principalement à l’est de l’Ukraine. L’accord fragile conclu à Genève le 17 avril peut encore servir de base à la discussion entre des leaders raisonnables et prévenir provocation, arrogance et escalade qui, il y a 100 ans, mena à la guerre qui devait mettre fin à toutes les guerres. Deux courtes décennies plus tard, la Seconde Guerre mondiale suivit.
 
Dans le sillage de ce carnage, Winston Churchill fit une observation qui s’applique également à notre XXIe siècle: «Parole, parole, parole plutôt que guerre, guerre, guerre.»

Respectueusement soumis par le groupe de pilotage «Veteran Intelligence Professionals for Sanity

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  • Larry Johnson, CIA & State Department (ret.)
  • David MacMichael, former Senior Estimates Officer, National Intelligence Council (ret.)
  • Ray McGovern, former chief of CIA’s Soviet Foreign Policy Branch & presidential briefer (ret.)
  • Tom Maertens, former Foreign Service Officer and National Security Council Director for Non-Proliferation
  • Elizabeth Murray, former Deputy National Intelligence Officer for the Near East, National Intelligence Council (ret.)
  • Todd E. Pierce, US Army Judge Advocate General Corps (ret.)
  • Coleen Rowley, former Chief Division Counsel & FBI Special Agent (ret.)
Source: consortiumnews.com du 28/4/14 (Traduction Horizons et débats)

* «Veteran Intelligence Professionals for Sanity» [anciens collaborateurs des services secrets pour le bon sens] est un groupe d’anciens fonctionnaires des services secrets américains, dont la CIA, les bureaux des services secrets du secrétariat d’Etat (INR) et des services secrets de l’armée (DIA). En janvier 2003, ils ont formé une organisation nationale pour lutter contre l’utilisation trompeuse d’informations des services secrets, sur laquelle l’invasion anglo-américaine de l’Irak fut fondée. Avant l’attaque de l’Irak en 2003, ce groupe publia une lettre, dans laquelle il expliquait que les analystes des services de renseignement n’avaient jamais été entendus par les hommes politiques. En août 2010, il rédigea un mémorandum à l’attention de la Maison blanche, dans lequel il mettait en garde contre une attaque israélienne imminente de l’Iran .
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dimanche 20 juillet 2014

Après le 18 mai , ... on fait quoi ?

De belles affiches et après?
Deux mois après la défaite pitoyable du Conseil fédéral, du Parlement, de l'armée, des associations de milice la soutenant et de l'économie ... (ça fait beaucoup!) au sujet du Gripen, il n'y a toujours rien d'intelligent qui a été dit et encore moins d'actions entreprises.

Pas de plan B, ni C, ni D...! Pour ainsi dire pas de prise de position, comme si tous les acteurs s'étaient dépêchés de rentrer dans leur coquille pour se cacher. Tout juste a-t-on entendu des "c'est la faute des romands, partis trop tard et qui n'ont rien fait". Très constructif et très mature! Mais pas un mot sur les conséquences économiques et encore moins sur le plan de la sécurité de la Suisse. Alors que nous argumentions (à raison, nous en sommes convaincus) qu'un rejet du Gripen aurait des conséquences funestes pour notre défense aérienne, brutalement ce n'est même plus un thème de discussion! Notre Pays baigne-t-il dans le bonheur et la sécurité éternelle? Aurions-nous raconté des mensonges aux Suisses?


Pendant ce temps en Ukraine, le vol MH17.
Les actions déloyales au sein du DDPS ont été passées sous silence, le lâchage du PDC et l'engagement très minimaliste des partis bourgeois, les conséquences du 9 février, les ratés de communication, la saga du choix de l'avion, les traits d'humour potache et les critiques à l'encontre de M. Burkhalter qui viennent au pire moment..! La liste des ratages est malheureusement exceptionnellement longue. Et tout cela après la victoire éclatante du 23 septembre et après le rapport de l'EPFZ qui montre que les Suisses soutiennent leur armée?
 
Pendant ce temps dans la bande de Gaza en réponse aux
attaques de roquettes du Hamas.

A-t-on appris quelque chose? Y aura-t-il des conséquences? Des têtes vont-elles tomber ou tout le monde a-t-il fait juste et en septembre tout ce petit monde rentrera bronzé de vacances bien méritées? Et était-ce une bonne idée de reporter de 3 petits mois la consultation du rapport sur le développement de l'armée (DEVA)? Quel est la valeur ajoutée? Et quid du rapport de politique de sécurité, cent fois annoncé et qui serait pourtant LE dossier prioritaire qui devrait enfin apporter les arguments clé justifiant le remplacement du TIGER et les autres correctifs dont notre armée a un urgent besoin?




Pendant ce temps à Benghazi en Lybie, l'anarchie s'installe et
des milliers de réfugiés risquent leur vie pour traverser
la Méditerranée et rejoindre l'Europe.
A la lumière des événements tragiques en Ukraine, au Proche-Orient (Israël, Syrie, Irak) et en Afrique du Nord (Lybie, Tunisie, Mali), il ne serait pourtant pas superflu de commencer à se faire un peu de souci !  Car la guerre est loin d'être une vue de l'esprit. Et surprise, les chars et l'aviation y jouent les premiers rôles alors que la Gauche nous promet 50 ans de paix en Europe et que les "modernistes" prétendent que la seule menace serait désormais la "cyberguerre". La dimension cyber n'est qu'un problème (très grave) de plus, mais en aucun cas cela ne sonne le glas des autres menaces. En aucun cas cette nouvelle forme de menace ne nous dispense des investissements "classiques".

Alors n'est-il pas urgent de définir une stratégie derrière laquelle les Suisses réussissent à s'identifier et de donner rapidement les moyens de sa mise en œuvre? Car si on continue à faire comme le reste de l'Europe et que la situation se gâte vraiment pour nous aussi, nous allons une fois de plus nous retrouver au seuil d'une guerre avec un défaut de préparation. Est-ce cela que nous voulons?
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